• Sans titre 2

    Jeanne endormie.


    L'oiseau chante ; je suis au fond des rêveries.
    Rose, elle est là qui dort sous les branches fleuries,
    Dans son berceau tremblant comme un nid d'alcyon,
    Douce, les yeux fermés, sans faire attention
    Au glissement de l'ombre et du soleil sur elle.
    Elle est toute petite, elle est surnaturelle.
    Ô suprême beauté de l'enfant innocent !
    Moi je pense, elle rêve ; et sur son front descend
    Un entrelacement de visions sereines ;
    Des femmes de l'azur qu'on prendrait pour des reines,
    Des anges, des lions ayant des airs benins,
    De pauvres bons géants protégés par des nains,
    Des triomphes de fleurs dans les bois, des trophées
    D'arbres célestes, pleins de la lueur des fées,
    Un nuage où l'éden apparaît à demi,
    Voilà ce qui s'abat sur l'enfant endormi.
    Le berceau des enfants est le palais des songes ;
    Dieu se met à leur faire un tas de doux mensonges ;
    De là leur frais sourire et leur profonde paix.
    Plus d'un dira plus tard : Bon Dieu, tu me trompais.

    Mais le bon Dieu répond dans la profondeur sombre :
    - Non. Ton rêve est le ciel. Je t'en ai donné l'ombre.
    Mais ce ciel, tu l'auras. Attends l'autre berceau ;
    La tombe. -

    Ainsi je songe. Ô printemps ! Chante, oiseau !

    011

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  • Sans titre 1

    Au bord de la mer.

     

     La lune de ses mains distraites
    A laissé choir, du haut de l'air,
    Son grand éventail à paillettes
    Sur le bleu tapis de la mer.

     

    Pour le ravoir elle se penche
    Et tend son beau bras argenté ;
    Mais l'éventail fuit sa main blanche,
    Par le flot qui passe emporté.

     

    Au gouffre amer pour te le rendre,
    Lune, j'irais bien me jeter,
    Si tu voulais du ciel descendre,
    Au ciel si je pouvais monter ! 

     

    Recueil : Émaux et Camées (1852).

     

    portraitThéophile Gautier.

    Date de naissance :  30 août 1811
    Date de décès :  23 octobre 1872 (61 ans)
    Profession :  Écrivain, poète, peintre et critique d'art 21catrt

     

     

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  • Sans titre 2

    C'est le premier matin du monde

     

    C'est le premier matin du monde.
    Comme une fleur confuse exhalée de la nuit,
    Au souffle nouveau qui se lève des ondes,
    Un jardin bleu s'épanouit.

    Tout s'y confond encore et tout s'y mêle,
    Frissons de feuilles, chants d'oiseaux,
    Glissements d'ailes,
    Sources qui sourdent, voix des airs, voix des eaux,
    Murmure immense,
    Et qui pourtant est du silence.

    Ouvrant à la clarté ses doux et vagues yeux,
    La jeune et divine Ève
    S'est éveillée de Dieu.
    Et le monde à ses pieds s'étend comme un beau rêve.

    Or Dieu lui dit : Va, fille humaine,
    Et donne à tous les êtres
    Que j'ai créés, une parole de tes lèvres,
    Un son pour les connaître.

    medium VanLerberghe

    Charles Van Lerberghe,

    né à Gand le 21 octobre 1861 et mort à Bruxelles le 26 octobre 1907,

    est un poète et écrivain symboliste belge francophone

    blog-34215--mon-jardin-070512233605-5068290988

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  • nenuphar-blanc-visoflora-17684

    Les nenuphars


    A la baronne H. de B.

     

    Nénuphars blancs, ô lys des eaux limpides,
    Neige montant du fond de leur azur,
    Qui, sommeillant sur vos tiges humides,
    Avez besoin, pour dormir, d'un lit pur ;
    Fleurs de pudeur, oui ! vous êtes trop fières
    Pour vous laisser cueillir... et vivre après.
    Nénuphars blanc, dormez sur vos rivières,
    Je ne vous cueillerai jamais !

    Nénuphars blancs, ô fleurs des eaux rêveuses,
    Si vous rêvez, à quoi donc rêvez-vous ?...
    Car pour rêver il faut être amoureuses,
    Il faut avoir le coeur pris... ou jaloux ;
    Mais vous, ô fleurs que l'eau baigne et protège,
    Pour vous, rêver... c'est aspirer le frais !
    Nénuphars blancs, dormez dans votre neige !
    Je ne vous cueillerai jamais !

    Nénuphars blancs, fleurs des eaux engourdies
    Dont la blancheur fait froid aux coeurs ardents,
    Qui vous plongez dans vos eaux détiédies
    Quand le soleil y luit, Nénuphars blancs !
    Restez cachés aux anses des rivières,
    Dans les brouillards, sous les saules épais...
    Des fleurs de Dieu vous êtes les dernières !
    Je ne vous cueillerai jamais !

     

    Barbey d'Aurevilly

    220px-Barbey

    Jules Barbey d’Aurevilly (Saint-Sauveur-le-Vicomte, en Normandie, 2 novembre 1808 - Paris, 23 avril 1889) est un écrivain français. Surnommé le « Connétable des lettres », il a contribué à animer la vie littéraire française de la seconde moitié du XIXe siècle. Il a été à la fois romancier, nouvelliste, poète, critique littéraire, journaliste et polémiste.090410015150145983457210[1]

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  • vlouch

     

     Le Loup et le Chien

     

    Un Loup n'avait que les os et la peau,

    Tant les chiens faisaient bonne garde.

    Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,

    Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.

    L'attaquer, le mettre en quartiers,

    Sire Loup l'eût fait volontiers;

    Mais il fallait livrer bataille,

    Et le Mâtin était de taille

    A se défendre hardiment.

    Le Loup donc l'aborde humblement,

    Entre en propos, et lui fait compliment

    Sur son embonpoint, qu'il admire.

    "Il ne tiendra qu'à vous beau sire,

    D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.

    Quittez les bois, vous ferez bien:

    Vos pareils y sont misérables,

    Cancres, haires, et pauvres diables,

    Dont la condition est de mourir de faim.

    Car quoi? rien d'assuré: point de franche lippée:

    Tout à la pointe de l'épée.

    Suivez-moi: vous aurez un bien meilleur destin. "

    Le Loup reprit: "Que me faudra-t-il faire?

    - Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens

    Portants bâtons, et mendiants;

    Flatter ceux du logis, à son Maître complaire:

    Moyennant quoi votre salaire

    Sera force reliefs de toutes les façons:

    Os de poulets, os de pigeons,

    Sans parler de mainte caresse. "

    Le Loup déjà se forge une félicité

    Qui le fait pleurer de tendresse.

    Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.

    "Qu'est-ce là? lui dit-il. - Rien. - Quoi? rien? - Peu de chose.

    - Mais encor? - Le collier dont je suis attaché

    De ce que vous voyez est peut-être la cause.

    - Attaché? dit le Loup: vous ne courez donc pas

    Où vous voulez? - Pas toujours; mais qu'importe?

    - Il importe si bien, que de tous vos repas

    Je ne veux en aucune sorte,

    Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "

    Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

     

    jean-de-la-fontaine

     Jean de LA FONTAINE (1621-1695)

    090410015150145983457210[1]

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  • Tourterelles-22933


    Romance


     Au lever de l'aurore,
     Sur le lit de l'amour,
     Zéphir caressait Flore
     Plus belle qu'un beau jour.
     Une jeune bergère
     Auprès d'un noir cyprès,
     A l'écho solitaire
     Vint conter ses regrets.
     
    Doux oiseaux de ces rives,
     Pleurez, Tyrcis est mort ;
     Tourterelles plaintives,
     Gémissez de mon sort.
     Quittez, roses nouvelles,
     Vos riantes couleurs,
     Et vous, échos fidèles,
     Répétez mes douleurs.
     
    Le rossignol sauvage
     Venait du fond des bois
     Suspendant son ramage
     Écouter son hautbois.
     Les vents alors paisibles
     Murmuraient doucement,
     Et les ruisseaux sensibles
     Coulaient plus lentement.
     
    Tyrcis le vrai modèle
     Des bergers amoureux,
     Discret, tendre et fidèle
     Rendait mes jours heureux.
     Avec des violettes
     Il tressait des festons,
     De rubans et d'aigrettes
     Il ornait mes moutons.
     
    Errez à l'aventure,
     A la merci des loups ;
     Désormais la nature
     Doit prendre soin de vous.
     Voici ma dernière heure,
     Adieu, pauvre troupeau ;
     Il faut bien que je meure,
     Tyrcis est au tombeau !

    7973

    Nom de naissance :  Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine
    Date de naissance :  21 octobre 1790
    Date de décès :  28 février 1869 (à 78 ans)
    Profession :  Écrivain, Poète, Historien, Ministre des Affaires étrangères

    jhfn4xys[1]

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  • Un-ane-au-fond-d-un-puit

     
    Un jour, l’ âne d’ un fermier est tombé dans un puits.
     L’ animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire.
     
    Finalement, il a décidé que l’ animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n’ était pas rentable pour lui de récupérer l’ âne.
     Il a invité tous ses voisins à venir et à l’ aider.
     Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer l’ âne dans le puits.
     
    Au début, l’ âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement.
     Puis à la stupéfaction de chacun, il s’ est tu.
     
    Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu’ il a vu.
     Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’ âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.
     Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l’ animal, il se secouait et montait dessus.
     Bientôt, chacun a été stupéfié que l’ âne soit hors du puits et se mit à trotter !
     —————–
     La vie va essayer de t’ engloutir de toutes sortes d’ ordures. Le truc pour se sortir du trou est de se secouer pour avancer. Chacun de tes ennuis est une pierre qui permet de progresser. Nous pouvons sortir des puits les plus profonds en n’ arrêtant jamais. Il ne faut jamais abandonner !
     
    Secoue-toi et fonce !
     
    Rappelle-toi, les cinq règles simples ! À ne jamais oublier, surtout dans les moments les plus sombres.
     Pour être heureux / heureuse :
     
    1. Libère ton coeur de la haine.
     2. Libère ton esprit des inquiétudes.
     3. Vis simplement…
     4. Donne plus.
     5. Attends moins.

    enfin libre

    Ce texte m'a été envoyé par mail et je pense que cela vous fera plaisir de le lire ....

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  • ph04 mison1

    Aurore

    L’horizon est frangé d’un mauve délicat
    Sous le ciel transparent, lumineux, presque blanc.
    Les ruines du château, sur leur tas de gravats,
    Sont empourprées de feu par le soleil levant

    Avant de recouvrer leur bien triste grisaille
    De pierres corrodées par le temps qui délave…
    Citadelle orangée où erre la gueusaille
    Des ombres oubliées, lamentables épaves

    D’un lointain Autrefois maintenant effacé.
    Mais le jour qui éclôt les a fait disparaître,
    Et la lumière crue d’un beau matin de mai
    Dissout l’ombre effrayante, en y faisant renaître

    Des scintillements d’or comme des fleurs nouvelles.
    Mison la médiévale est encor endormie
    Au creux de son lacis de rues et de venelles
    Et le jour qui s’en vient l’a lavée de sa nuit.

    Sur le haut du beffroi, deux jolies tourterelles
    Dorment encor, serrées en un frou-frou de plumes.
    Mais il faut s’éveiller : à grands coups d’étincelles,
    Le soleil triomphant vient de chasser la lune.

    Vette de Fonclare

    frise feuillage fleuri

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  • 21abgh1-copie-1

    Nuits de juin

    L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
    La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
    Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
    On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

    Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
    Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
    Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
    Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

    Victor Hugo

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  • 4Joseph-Bayol.jpg

    Soirs d’antan

    Où sont ces soirs d’été, ces jolis soirs d’antan
    A l’extrême douceur – où l’on tirait sa chaise
    Sur le pas de la porte ; où l’on avait le temps
    De rire entre voisins, tout en prenant ses aises

    Après le dur labeur d’une longue journée ?
    On était bien dehors, enroulé dans un châle,
    Car il faisait frisquet sous la voûte étoilée
    Après le grand cagnard d’un jour d’août infernal.

    Où est cette vie calme et cependant très rude
    Où tout petit bonheur semblait exceptionnel ?
    Je me souviens encor de la Mamet Gertrude
    Narrant à qui voulait combien elle était belle

    En sa folle jeunesse. Et toutes ces histoires,
    Ces contes, ces chansons… On avait presque froid
    Mais c’était délicieux ! Oh, qu’ils sont loin, ces soirs
    D’une époque bénie appelée… autrefois !

    Pas de télé, alors, qui confine les gens
    Au creux de leur maison bien fermée dès huit heures.
    Est-ce bien un progrès ? Où est-il donc ce temps
    Qui rapprochait les gens pour leur plus grand bonheur ?

    Où sont ces soirs d’antan, ces jolis soirs d’été
    Qu’on avait le loisir de goûter lentement ?
    Ces veillées disparues et qui s’en sont allées,
    Comme la vie qui passe en mangeant ses enfants !

    Vette de Fonclare

    frise fleurie

     

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