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    Bleu et blanc

     

    Un petit chat bleu
    Semé de pois blancs
    Vit un gros rat blanc
    Semé de pois bleus.

    Leurs mignonnes queues
    Différaient de peu.

    Oui, mais seulement
    Le nez du chat bleu
    Etait tout tout blanc,
    Le nez du rat blanc
    Etait tout tout bleu.

    Leurs joues et leurs yeux
    Différaient de peu.

    Oui, mais seulement
    Un cil du chat bleu
    Etait tout tout blanc,
    Un cil du rat blanc
    Etait tout tout bleu.
    A cause de ce peu,
    De ce tout petit peu
    De blanc et de bleu,
    Ils continuèrent
    A se faire la guerre.

     

    Maurice Careme

    WA - Maurice Carême

    (1899-1978). Né dans le Bradant, il est d’abord enseignant avant de se consacrer entièrement à la littérature, en 1943

    frise fleurie

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  • mennonites buggy sur cielcrépuscule

     - Mai

    "Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains


    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières


    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un  air de régiment

    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes 

    Guillaume APOLLINAIRE

    Apollinaire G

    Écrivain français (Rome 1880-Paris 1918).

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  • 304

    Un peu de musique

    Une musique amoureuse
    Sous les doigts d'un guitariste
    S'est éveillée, un peu triste,
    Avec la brise peureuse ;

    Et sous la feuillée ombreuse
    Où le jour mourant résiste,
    Tourne, se lasse, et persiste
    Une valse langoureuse.

    On sent, dans l'air qui s'effondre,
    Son âme en extase fondre ;
    - Et parmi la vapeur rose

    De la nuit délicieuse
    Monte cette blonde chose,
    La lune silencieuse.

    Germain NOUVEAU

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    frise fleurie

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  • pic0022_0800-copie-1.jpg

    Attente

    Monte, écureuil, monte au grand chêne,
    Sur la branche des cieux prochaine,
    Qui plie et tremble comme un jonc.
    Cigogne, aux vieilles tours fidèle,
    Oh ! vole et monte à tire-d'aile
    De l'église à la citadelle,
    Du haut clocher au grand donjon.

    Vieux aigle, monte de ton aire
    A la montagne centenaire
    Que blanchit l'hiver éternel.
    Et toi qu'en ta couche inquiète
    Jamais l'aube ne vit muette,
    Monte, monte, vive alouette,
    Vive alouette, monte au ciel !

    Et maintenant, du haut de l'arbre,
    Des flèches de la tour de marbre,
    Du grand mont, du ciel enflammé,
    A l'horizon, parmi la brume,
    Voyez-vous flotter une plume
    Et courir un cheval qui fume,
    Et revenir mon bien-aimé ?

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  • 6ee85199


    Premier mai

    Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
    Je ne suis pas en train de parler d'autres choses.
    Premier mai ! l'amour gai, triste, brûlant, jaloux,
    Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
    L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise,
    La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ;
    Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
    Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
    L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
    Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,
    Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
    A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
    La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
    Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
    Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
    Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
    Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime !
    Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même,
    Font des taches partout de toutes les couleurs ;
    Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
    Comme si ses soupirs et ses tendres missives
    Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
    Et tous les billets doux de son amour bavard,
    Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
    Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
    Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
    Tout semble confier à l'ombre un doux secret ;
    Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait
    Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore,
    La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
    Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
    Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

     

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    frise fleurie

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  • bain marcel adolphe-une jeune fille dans la prairi-copie-1

    Marie

     
    Ainsi, quand la fleur printanière
    Dans les bois va s’épanouir,
    Au premier souffle du zéphyr
    Elle sourit avec mystère ;
     
    Et sa tige fraîche et légère,
    Sentant son calice s’ouvrir,
    Jusque dans le sein de la terre
    Frémit de joie et de désir.
     
    Ainsi, quand ma douce Marie
    Entr’ouvre sa lèvre chérie,
    Et lève, en chantant, ses yeux bleus,
     
    Dans l’harmonie et la lumière
    Son âme semble tout entière
    Monter en tremblant vers les cieux.
     
    Alfred de Musset

    154e-anniversaire-mort-dalfred-musset-L-Wu4Egh

    Alfred de Musset, né le 11 décembre 1810 à Paris et mort le 2 mai 1857 dans la même ville, est un poète et un dramaturge français de la période romantique.

     

     

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  • TEMPETE

    Tempête

    L'orage s'ammoncèle et pèse sur la dune
    Dont le flanc sablonneux se dresse comme un mur.
    Par instants, le soleil y darde un faisceau dur
    De rayons plus blafards qu'un blême éclat de lune.

    Les éclairs redoublés tonnent dans l'ombre brune.
    Le pêcheur lutte et cherche en vain un abri sûr.
    Bondissant en fureur par l'océan obscur,
    L'âpre rafale hurle et harcèle la hune.

    Les femmes, sur le port, dans le tourbillon noir,
    Gémissent, implorant une lueur d'espoir...
    Et la tempête tord le haillon qui les couvre.

    Tout s'effondre, chaos, gouffre torrentiel !
    Sur le croulant déluge, alors, voici que s'ouvre
    En sa courbe irisée un splendide arc-en-ciel.

     

    Jules-Breton

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  • nouvelles-frises 2519

    J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline

    J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
    Dans l'âpre escarpement qui sur le flot s'incline,
    Que l'aigle connaît seul et seul peut approcher,
    Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
    L'ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
    Je voyais, comme on dresse au lieu d'une victoire
    Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
    À l'endroit où s'était englouti le soleil,
    La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
    Des voiles s'enfuyaient, au loin diminuées ;
    Quelques toits, s'éclairant au fond d'un entonnoir,
    Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
    J'ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée.
    Elle est pâle, et n'a pas de corolle embaumée,
    Sa racine n'a pris sur la crête des monts
    Que l'amère senteur des glauques goémons ;
    Moi, j'ai dit: Pauvre fleur, du haut de cette cime,
    Tu devais t'en aller dans cet immense abîme
    Où l'algue et le nuage et les voiles s'en vont.
    Va mourir sur un coeur, abîme plus profond.
    Fane-toi sur ce sein en qui palpite un monde.
    Le ciel, qui te créa pour t'effeuiller dans l'onde,
    Te fit pour l'océan, je te donne à l'amour. -
    Le vent mêlait les flots; il ne restait du jour
    Qu'une vague lueur, lentement effacée.
    Oh! comme j'étais triste au fond de ma pensée
    Tandis que je songeais, et que le gouffre noir
    M'entrait dans l'âme avec tous les frissons du soir !

     

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     frise feuillage fleuri

     

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  • 6a00d83451c3b369e200e551ed63ae8834-800wi

    Sables mouvants

    Démons et merveilles
    Vents et marées
    Au loin déja la mer s'est retirée
    Démons et merveilles
    Vents et marées
    Et toi
    Comme une algue doucement carressée par le vent
    Dans les sables du lit tu remues en revant
    Démons et merveilles
    Vents et marées
    Au loin déja la mer s'est retirée
    Mais dans tes yeux entrouverts
    Deux petites vagues sont restées
    Démons et merveilles
    Vents et marées
    Deux petites vagues pour me noyer.

    Jacques Prévert
    Poème mis en musique par Kosma

    prevertjacquescigarette

    écrivain français

    (1900-1977)

    Neuilly-sur-Seine 
    Omonville - la - Petite  (Manche)

     

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  • amandier_flrose.jpg

    La branche d’amandier


        De l’amandier tige fleurie,
        Symbole, hélas! de la beauté,
        Comme toi, la fleur de la vie
        Fleurit et tombe avant l’été.

        Qu’on la néglige ou qu’on la cueille,
        De nos fronts, des mains de l’Amour,
        Elle s’échappe feuille à feuille,
        Comme nos plaisirs jour à jour!

        Savourons ces courtes délices;
        Disputons-les même au zéphyr,
        Epuisons les riants calices
        De ces parfums qui vont mourir.

        Souvent la beauté fugitive
        Ressemble à la fleur du matin,
        Qui, du front glacé du convive,
        Tombe avant l’heure du festin.

        Un jour tombe, un autre se lève;
        Le printemps va s’évanouir;
        Chaque fleur que le vent enlève
        Nous dit : Hâtez-vous de jouir.

        Et, puisqu’il faut qu’elles périssent,
        Qu’elles périssent sans retour!
        Que ces roses ne se flétrissent
        Que sous les lèvres de l’amour!

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     Nom de naissance :  Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine
    Date de naissance :  21 octobre 1790
    Date de décès :  28 février 1869 (à 78 ans)
    Profession :  Écrivain, Poète, Historien, Ministre des Affaires étrangères

     

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