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    Né à Paris le 22 février 1403, mort à Mehun-sur-Yèvre, le 22 juillet 1461, comte de Ponthieu et duc de Touraine le futur Charles VII est le fils cadet de Charles VI et d’Isabeau de Bavière.

    Il sera roi de France de 1422 à 1461. A la mort de ses frères aînés, il reçoit le titre de Dauphin en 1417.

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    En 1418, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, l’héritier de la couronne doit quitter Paris, aux mains des Bourguignons, et se réfugie à Bourges où il prend le titre de régent, suite à la démence du souverain.

    On l’appelle aussi le « le roi de Bourges ». Aux côtés de Bernard d’Armagnac, il apparaît comme chef du parti hostile à la politique du duc de Bourgogne.

    1420 Isabeau de Bavière fait signer à Charles VI le traité de Troyes. Ce dernier stipule que la couronne de France est cédée au roi Henri V d’Angleterre à condition que ce dernier épouse une des filles de Charles VI.

    A la mort des souverains de France et d’Angleterre en 1422, Henri VI d’Angleterre est sacré roi de France à Paris. Les anglais occupent alors tout le nord de la Loire ainsi qu’une partie de la Guyenne.

    Cette situation aurait pu durer très longtemps, mais voila qu’un nouveau personnage va changer la destinée de Charles VII et celui de la France. Il rencontre en février 1429 Jeanne d’Arc. Elle le convainc de la placer à la tête d’une armée pour prendre Orléans et ainsi lui ouvrir la route du sacre à Reims. Jeanne lève le siège d’Orléans le 8 mai 1429. Elle amène ensuite son roi jusqu’à Reims, alors en territoire anglais, où il recouvre sa légitimité après son sacre, le 17 juillet 1429.

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    Malgré l’arrestation de Jeanne d’Arc en 1430, Charles VII continue sa lutte contre les anglais aidé dans cette entreprise par son connétable Arthur de Richemont. En signant le traité d’Arras en 1435, il se réconcilie avec le Bourguignon Philippe le Bon qu’il éloigne ainsi des Anglais. En 1436 les Parisiens livrent la capitale aux troupes du duc de Richemont. La prise de Pontoise, en 1441, permet le rétablissement des relations avec le nord du royaume.

    Acculés, les Anglais sont obligés de négocier une trêve à Tours en 1444. Charles VII va en profiter pour renforcer sa puissance. Il réorganise son armée et resserre l’alliance bretonne, pour la reconquête de la Normandie. De 1449 à 1453 il reprend successivement aux anglais la Normandie en 1450 et la Guyenne en 1453.

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    Pendant tout ce temps Charles VII va aussi jeter les bases des institutions essentielles au gouvernement monarchique. Avec son grand argentier Jacques Cœur, il habitue ses sujets à l’impôt permanent qui contrairement au droit coutumier va lui permettre la levée de toute ressource extraordinaire sans avoir à convoquer les états généraux. Il va en profiter pour restructurer son armée qui va devenir une armée permanente.

    Se méfiant de Paris Charles VII fait passer la prévôté des marchands aux mains d’officiers de justice ou de finance qui assureront la tutelle de la capitale. Cette ville restera la capitale administrative de la France, mais elle cessera d’être la résidence principale du roi, ce dernier préfère ses résidences du Val de Loire et ses châteaux de Touraine et de Berry.

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     Passée la tentative féodale dite de la « Praguerie » , maître puissant d’un royaume ou la monarchie l’emporte sur tout autre système de partage de la puissance publique, Charles VII sera encore très influencé par Richemont, La Trémoille, Brézé et sa maîtresse Agnès Sorel.

    Ce règne de 40 ans a vu successivement un homme faible très affecté par la maladie de son père, par le reniement de sa mère et un homme fort qui à redonné une dimension à la France. La fin de ce règne sera entachée par la révolte ouverte du dauphin le futur Louis XI, qui ayant soutenu la « Praguerie » se verra obligé de se réfugier à la cour de Bourgogne.

    Charles VII meurt à Mehun-sur-Yèvre, le 22 juillet 1461.

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    Charles VI de France, dit « Charles le Bien-Aimé » ou encore « Charles le Fol » comme il a été surnommé au XIX siècle (né à Paris, le 3 décembre 1368 - mort à Paris, le 21 octobre 1422) fut roi de France de 1380 à 1422. Fils du roi Charles V et de Jeanne de Bourbon, il est sacré roi du vivant de son père. Il est le quatrième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.

    Dès sa naissance, il reçoit le Dauphiné en apanage. Il succède à son père et est sacré roi de France le 4 novembre 1380, dans la cathédrale de Reims. Pendant la minorité du jeune roi, ses oncles Jean de Berry et Philippe II de Bourgogne assurent la régence du royaume avec Jehan Pastoret en tant qu'avocat royal et président du Parlement de Paris. Le 17 juillet 1385, Charles est marié à Isabeau de Bavière, âgée d'une quinzaine d'années, fille d’Étienne III, duc de Bavière-Ingolstadt et de Thadea Visconti.

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    Sa minorité est troublée par les querelles des ducs d'Anjou, de Bourgogne, de Berry et de Bourbon, ses oncles, qui se disputent le pouvoir et s'enrichissent sur le dos de la population accablée par le rétablissement d'anciens impôts en janvier 1382. Au mois de février suivant, la ville de Rouen se révolte, les troubles atteignent Paris ; le 1 mars 1382, des révoltés, connus sous le nom de Maillotins, pillent la capitale et tuent les collecteurs d'impôts avec des maillets de fer. Une répression terrible va s'abattre sur les émeutiers dont les meneurs sont décapités ou pendus sans autre forme de procès.
     
    Le 27 novembre 1382, Charles VI prend part à la bataille de Roosebecke, où Olivier V de Clisson bat les Flamands révoltés.
     
    Le 3 novembre 1388, au retour d'une expédition contre le duc de Gueldre, Charles VI convoque le Conseil du roi et remercie ses oncles pour les services qu'ils lui ont rendus : il a vingt ans et il prend le pouvoir. Il confie le gouvernement à des anciens conseillers de son père, comme Bureau de la Rivière, qui seront appelés les marmousets.

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    Le 5 août 1392, il est pris d'un premier accès de folie dans la forêt du Mans. Il attaque sa propre troupe et tue six personnes avant d'être maîtrisé. Sa lucidité revient après deux jours, mais ce n'est qu'un début, ces accès de folie intermittents assombrissent son règne. Le 28 janvier 1393, il rechute suite au bal des ardents, où quatre de ses compagnons brûlent vifs.

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    Devant l'incapacité du roi à gouverner, ses oncles reprennent leur régence. Parmi eux le duc de Bourgogne Philippe le Hardi concentre les pouvoirs. Le duc Louis d'Orléans, frère du roi et gendre du duc d'Armagnac, revendique plus de place dans le Conseil et l'obtient peu à peu, surtout après la mort de l'influent duc de Bourgogne. Son fils le nouveau duc de Bourgogne, Jean sans Peur fait assassiner le duc d'Orléans et le royaume sombre dans la guerre civile en novembre 1407.
     
    Les désordres permettent à la guerre de Cent Ans de reprendre. Henri V, roi d'Angleterre, profitant de ces troubles, arme contre la France : il remporte la bataille d'Azincourt en 1415 et s'empare de la Normandie. En 1419, le conflit entre Armagnacs et Bourguignons conduit à l'assassinat de Jean sans Peur. Les Bourguignons, s'allient alors avec les Anglais. Cette alliance conduit au traité de Troyes (1420) lequel prévoit que Charles VI devra marier sa fille Catherine à Henri V d'Angleterre, que leur fils éventuel sera roi de France, et que le dauphin Charles, qui a fait assassiner Jean sans Peur, sera déchu de ses droits à la couronne. Charles VI conserve le titre de roi jusqu'à sa mort. L'emprise des Anglais sur le royaume n'est cependant pas totale. Les Armagnacs n'acceptent pas le traité : le futur Charles VII garde des soutiens et gouverne en qualité de régent les territoires au sud de la Loire.

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    Charles VI est inhumé dans la basilique Saint-Denis, où il sera rejoint ultérieurement par Isabeau de Bavière.
     
    Il est le père, entre autres, de Charles VII, d'Isabelle de Valois, et de Catherine de Valois.

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  • 45000 4052

    Charles V le Sage (1338 - 1380)
    L'artisan du renouveau de la France

     

    Justement surnommé le Sage, le roi Charles V est l'un des plus grands rois de France, l'un des plus généreux aussi.

    Tandis que son père Jean II le Bon ou le Brave a ruiné et rapetissé le royaume par sa conception étriquée de l'honneur et du courage chevaleresques, lui qui était inapte au combat et n'aimait rien tant que les livres l'a libéré des Anglais et rendu à la prospérité.

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    Des débuts difficiles

    Le futur roi est né à Vincennes le 21 janvier 1338. Il assume la régence du royaume dès 1356, à 18 ans, après que son père eut été capturé à Poitiers par les Anglais.

    Charles V fait son entrée à Paris en 1364 C'est dans cette conjoncture dramatique qu'il doit faire front à une alliance des seigneurs féodaux et des bourgeois de Paris, sans parler des paysans qui se lancent dans de violentes Jacqueries...

    Le Dauphin (titre donné pour la première fois à l'héritier du trône) se sort finalement de tous ces mauvais pas et signe même à Brétigny, près de Chartres, des préliminaires de paix avec les Anglais.

    Il ceint la couronne le 8 avril 1364, après la mort de son père en prison, puis est sacré à Reims le 19 mai 1364, ainsi que sa femme, Jeanne de Bourbon. Trois jours plus tôt, son principal rival, le roi de Navarre Charles le Mauvais, a été battu à Cocherel par Bertrand Du Guesclin.

    Handicapé d'un bras et peu adepte de la guerre, Charles V n'en gère pas moins le royaume avec une énergie et une intelligence qui lui vaudront le qualificatif très mérité de Sage.

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    Un administrateur hors pair

    Poursuivant la modernisation de l'administration inaugurée par Philippe IV le Bel, Charles V s'entoure de conseillers compétents comme les chanceliers Jean et Guillaume de Domans, le maître de requêtes Raoul de Presles ou encore le théologien et économiste Nicolas Oresme.

    En décembre 1369, le roi rationalise les finances en distinguant :
    - les ressources ordinaires, autrement dit les revenus du domaine royal, qui procuraient jusque là l'essentiel des revenus de la couronne,
    - les ressources extraordinaires, autrement dit le produit des impôts, levés à titre exceptionnel après accord des états généraux.

    Confronté à des besoins administratifs croissants, le gouvernement va devoir faire appel de plus en plus à des impôts réguliers. Parmi eux les «fouages» ou impôts directs sur les foyers (ou feux), autrement dit les ménages, les «aides» sur les boissons et la «gabelle» sur le sel, un produit ô combien indispensable à chacun

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     livre-des-rois-de-france-32Charles V le Sage et Charles Ier de Luxembourg

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    La France libérée

    Dès son avènement, le roi neutralise les grands féodaux avec le concours du capitaine breton Bertrand Du Guesclin.

    Après quoi, il reprend le combat contre les Anglais avec l'objectif de les chasser des provinces de l'ouest et du sud qui leur ont été abandonnées à Brétigny.

    Les Anglais multiplient à partir de Bordeaux des chevauchées, en fait des opérations de rapines. Mais celles-ci échouent face à la résistance des chefs militaires français, le duc d'Anjou et Bertrand Du Guesclin, connétable de France depuis le 2 octobre 1370.

    Les Français reprennent La Rochelle le 8 septembre 1372 et, dans les années suivantes, reconquièrent le Rouergue, le Quercy, le Poitou et la Saintonge.

    Les Anglais ne possèdent bientôt plus sur le continent que Calais et la Guyenne. Pour comble de malheur, l'illustre roi Édouard III, à l'origine de la guerre de Cent Ans, meurt le 21 juin 1377 après un règne de 50 ans. Il est précédé dans la tombe par son fils, le prestigieux Prince Noir.

    Quand Charles V meurt à son tour le 16 septembre 1380, quelques semaines après Du Guesclin (30 juillet 1380), il laisse à son fils et héritier un royaume prospère et solide.

    Arrestation de Charles II le Mauvais

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  • jeanII058 carte

    Jean II de France, dit Jean le Bon, (né le 26 avril 1319 au château du Gué de Maulny du Mans - mort à Londres le 8 avril 1364), fils du roi Philippe VI et de son épouse Jeanne de Bourgogne, fut roi de France de 1350 à 1364, second souverain issu de la maison capétienne de Valois.

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    Il est sacré  roi de France le 26 septembre 1350.

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    Le règne de Jean II le Bon est marqué par la défiance du pays envers les Valois choisis à la mort de Charles IV pour éviter qu'Édouard III, le plus proche descendant de Philippe le Bel ne prenne possession du trône de France. La nouvelle dynastie, confrontée à la crise de la féodalité, aux cinglantes défaites du début de la guerre de Cent Ans et à la grande peste, perd rapidement beaucoup de crédit; d'autant plus que, dans l'incapacité de faire rentrer les impôts, elle recourt à des mutations monétaires pour renflouer le trésor. Ces manipulations entraînent des dévaluations extrêmement impopulaires. Jean II le Bon, confronté aux intrigues de Charles le Mauvais, roi de Navarre et prétendant le plus direct à la couronne, gouverne dans le secret entouré d'hommes de confiance. Profitant de tous ces troubles et sûrs de la supériorité tactique conférée par l'arc long, les Anglais, menés par Édouard III et son fils le Prince noir, relancent la guerre en 1355.

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     Le 19 septembre 1356, Jean le Bon est battu et fait prisonnier à la bataille de Poitiers, malgré la restructuration de l'armée qu'il a menée

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    . Le pays sombre alors dans le chaos. Les états généraux menés par Étienne Marcel et Robert Le Coq prennent le pouvoir à Paris et tentent d'installer Charles de Navarre à la tête d'une monarchie contrôlée. En 1358, les campagnes se soulèvent et s'allient avec Étienne Marcel, mais le dauphin, le futur Charles V, se fait nommer régent et retourne la situation. Jean le Bon peut regagner la France en 1360, après la signature du traité de Brétigny qui lui rend la liberté, mais cède un tiers du pays à Édouard III.

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    Son retour est difficile. Il faut payer son énorme rançon et les finances du royaume de France sont au plus bas. Il stabilise la monnaie grâce à la création du franc, mais les Grandes Compagnies pillent les campagnes et bloquent le commerce. Il tente de mettre fin à leurs agissements mais l'armée royale est vaincue à Brignais. Il tente ensuite d'en débarrasser le pays en les menant en croisade contre les Turcs avec l'argent du Pape. Il essuie un nouvel échec, Innocent VI mourant 15 jours avant son arrivée en Avignon et étant remplacé par le peu dispendieux Urbain V.

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  • philippe6devalois

    Philippe VI de France, dit Philippe de Valois (né en 1293, mort le 22 août 1350)1 à Nogent le Roi, fut le premier roi de France de la branche collatérale des Valois

    Surnommé le « roi trouvé », ce sobriquet lui fut donné peu après son couronnement lors de la bataille de Cassel du 23 août 1328 par les Flamands lesquels, avant la bataille, s'étaient moqués du roi de France en peignant un coq sur leur étendard avec cette inscription : Quand ce cocq icy chantera, le Roy trouvé cy entrera

    Son accession sur le trône de France en 1328 découle d'un choix politique, fait en deux temps, à la mort de Louis X le Hutin en 1316 puis à celle de Charles IV en 1328, afin d'éviter que la couronne ne passe dans les mains d'un « étranger ». Édouard III d'Angleterre, pourtant petit-fils de Philippe le Bel, est ainsi évincé au profit du neveu de ce dernier.

    Philippe VI de Valois nommé régent

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    Lors de son avènement, il doit aussi négocier avec Jeanne II de Navarre (1311-1349), fille de Louis X le Hutin qui a été évincée de la couronne de France en 1316 pour motif qu'elle est une femme (avancement de la "loi salique") mais également qu'elle est soupçonnée de batardise ou illégitimité, sa mère ayant été compromise dans le scandale de la tour de Nesle quand elle était mariée au dauphin, futur Louis X. Mais celle-ci revendique de manière parfaitement légitime la couronne de Navarre et les comtés de Champagne et de Brie que Philippe le Bel tenait de son épouse Jeanne 1ère de Navarre. N'étant pas lui-même descendant et héritier des rois de Navarre, comme l'étaient ses prédécesseurs, Philippe VI restitue donc le royaume de Navarre à son héritière légitime Jeanne de Navarre, mais refuse de lui céder la Champagne et la Brie redoutant d'être confronté à un parti trop puissant.

    S'il accède à la tête de l'État le plus puissant d'Occident, il gouverne dans une période de crise qui conduit à la guerre de Cent Ans. Il manque de moyens financiers pour administrer son royaume, ce qui ne peut être obtenu que par la manipulation de la monnaie et des impôts supplémentaires, lesquels ne sont tolérés qu'en période de guerre. Il doit asseoir au plus vite sa légitimité. Il le fait en restaurant l'autorité royale en Flandre en écrasant les rebelles Flamands lors de la bataille de Cassel le 23 août 1328.

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    Par une habile politique diplomatique et matrimoniale, il contribue à augmenter l'influence du royaume à l'Est du royaume de France. Il rachète le Dauphiné pour le compte de son petit-fils, remarie son fils à une héritière potentielle de la Bourgogne et prend une option sur le comté de Provence.

    En conflit larvé avec le roi Édouard III d'Angleterre, il finit par obtenir de celui-ci l'hommage pour la Guyenne, mais leurs intrigues pour le contrôle des Flandres, l'alliance franco-écossaise et la nécessité de justifier l'impôt nécessaire au fonctionnement d'un État moderne, conduisent inexorablement à la guerre de Cent Ans. Celle-ci commence de manière larvée, aucun des deux rois ne pouvant obtenir suffisamment de ressources fiscales pour mener à bien leur ambition. La guerre se mène par alliés interposés, hormis en Guyenne où les forces françaises assiègent Bordeaux mais doivent renoncer faute de vivres. De la même manière si la flotte française est en grande partie détruite à la bataille de l'Écluse en 1340, Édouard III ne peut concrétiser cette victoire sur terre et l'alliance germano-anglaise qu'il a organisée se disloque faute de pouvoir tenir ses promesses pécuniaires.

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    Après la mort du duc Jean III de Bretagne, en avril 1341, un conflit successoral oppose Jean de Montfort à Charles de Blois pour la succession de Bretagne. Philippe VI arbitre en faveur de son neveu, Charles de Blois. Jean de Montfort s'allie aux Anglais, qui débarquent à Brest en 1342 et occupent l'ouest de la Bretagne, ce jusqu'en 1397.

    Le véritable tournant du conflit a lieu en juin 1344, quand Édouard III obtient du Parlement anglais des ressources fiscales importantes pour deux ans. Philippe ne peut répondre qu'en recourant à des mutations monétaires qui entraînent des dévaluations très impopulaires car elles déstabilisent l'économie. Fort de ses ressources financières, Édouard III est capable d'attaquer en force sur au moins deux fronts. Il regagne du terrain en Aquitaine et surtout inflige une défaite écrasante à Philippe à la bataille de Crécy le 11 août 1346. Ce dernier n'a plus les moyens d'empêcher le roi d'Angleterre de prendre Calais après onze mois de siège (1347).

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    C'est complètement discrédité et en pleine épidémie de peste qu'il meurt en 1350.

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  • 200px-Charles IV Le Bel

    Charles IV le Bel
    (né en août 1294, mort le 1er février 1328)
    (Roi de France : règne 1322-1328)

    Surnommé le Bel, comte de la Marche, 3e fils de Philippe le Bel, il succéda à son frère Philippe le Long le 3 janvier 1322, dans les royaumes de France et de Navarre, et fut sacré à Reims, le 11 février suivant.

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    Les opérations financières de Philippe le Bel avaient révolté les Français et enrichi quelques spéculateurs attirés d’Italie et de Lombardie ; ses successeurs, n’osant demander des subsides qu’on leur aurait refusés, cherchèrent des ressources dans la proscription de ceux qui avaient administré le trésor royal et participé à la levée des impôts. Girard la Guete, ministre des finances sous Philippe le Long, fut arrêté dès les premiers jours du nouveau règne. Il aurait été pendu, comme l’avait été, quelques années auparavant, Enguerrand de Marigny, s’il n’était mort des suites de la question qu’on lui donna.


    On se vengea sur son cadavre et sur ses biens ; on dépouilla les maltôtlers, qui furent chassés de France aussi pauvres que lorsqu’ils étaient arrivés. Ils étaient presque tous venus d’Italie, et c’est de là qu’on les nommait Lombards. Les Français applaudissaient à ces actes d’une justice un peu sévère, dans la persuasion que le monarque qui punit les spoliateurs des deniers publics ne pense pas tant à s’emparer de leurs rapines qu’à venger le peuple opprimé.

    Charles le Bel ne traita pas avec moins de rigueur les mauvais juges et les seigneurs qui s’emparaient impunément du bien des particuliers. Un des principaux exemples de cette sévérité fut le supplice de Jourdain de l’Isle, qui fut livré au parlement et condamné à être pendu, après avoir été attaché à la queue d’un cheval.

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    Depuis qu’il était sur le trône, Charles le Bel éprouvait un vif désir d’avoir des héritiers, et il ne pouvait se rapprocher de sa femme, renfermée à Château-Gaillard, après avoir été convaincue d’adultère. Il obtint du pape la nullité de son mariage, sous prétexte de parenté ; puis il épousa Marie, fille de l’empereur Henri de Luxembourg. Edouard II, roi d’Angleterre, ne s’étant pas trouvé au sacre du roi pour faire hommage, comme duc de. Guieuue, fut sommé de venir rendre hommage au roi en la ville d’Amiens, entre la Chandeleur et Pâques (1324) ; il demanda un plus long délai ; mais, pendant ce temps, quelques actes d’hostilité ayant été commis par ses troupes, Charles le fit déclarer rebelle, et envoya le comte de Valois, son oncle, pour se saisir du duché de Guyenne.

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    Les troupes françaises s’emparèrent de plusieurs villes ; mais les armées, d’une et d’autre part, n’étant pas assez nombreuses pour pousser la guerre vivement, la reine d’Angleterre, Isabelle, fille de Philippe le Bel, vint en France peur traiter de la paix, accompagnée du prince de Galles, son fils. Les Spenser, favoris d’Edouard II, se crurent grands politiques en éloignant cette princesse, dont ils redoutaient l’ascendant.

    Elle conclut, en effet, la paix entre les deux royaumes ; mais elle ne retourna en Angleterre qu’à la tête d’un corps de troupes en état de soutenir le parti qu’elle y avait formé. La révolution fut prompte et complète ; les favoris d’Edouard II furent pendus ; lui-même périt dans la prison où on le tenait renfermé, et son fils, auquel il avait donné la Guyenne de son vivant, pour éviter de rendre hommage à Charles le Bel, lui succéda au trône d’Angleterre, conservant par sa mère des prétentions sur la couronne de France, qui causèrent de grands troubles sous le règne suivant.

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    Les Flamands, las du repos dont ils jouissaient, et n’ayant pas d’ennemis étrangers à combattre, se révoltèrent contre leur comte. Charles envoya quelques troupes à son secours ; le pape menaça d’excommunier les rebelles. Ils furent obligés de se soumettre et de renoncer à leurs plus beaux privilèges. Le pape avait un grand intérêt à ce que Charles le Bel fût libre de toute inquiétude, afin de suivre le projet qu’il avait formé de faire rentrer la couronne impériale dans la maison de France.

    Deux compétiteurs avaient été élus à la fois, Frédéric d’Autriche et Louis de Bavière. Une bataille ayant rendu ce dernier maître de la personne de son rival, il cessa de ménager le pape, qui résolut de le déposer en réveillant l’ancienne prétention que le saint-siège avait de confirmer l’élection du roi des Romains, et de régler les affaires de l’Empire. Le parti de Frédéric d’Autriche n’était pas entièrement abattu ; on pouvait le soulever de nouveau en faveur de Charles le Bel, qui, par sa femme, Marie de Luxembourg, avait aussi ses partisans en Allemagne.

    Mais cette princesse mourut, dans ces circonstances, d’une chute, qui donna également la mort à l’enfant dont elle était enceinte, et Charles n’eut que la honte et le chagrin d’une entreprise qu’il avait suivie avec plus de bruit que d’habileté. Veuf pour la seconde fois et sans enfants, il épousa, l’an 1326, Jeanne, fille du comte d’Evreux, de laquelle il eut trois filles.

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    La paix qu’avait conclue Isabelle ne donna pas une entière tranquillité aux peuples de Guyenne pendant le règne de Charles le Bel ; plusieurs bâtards de la noblesse de Gascogne prirent les armes de concert avec les Anglais, et, en attaquant quelques places ou domaine de la France, commencèrent la guerre qui fut appelée des Bâtards, et à laquelle mit fin le maréchal de Briquebec, qui les tailla en pièces (1326).

    Charles mourut le 1er février 1328, à Vincennes, dans la 34e année de son âge, et la 7e de son règne. Ainsi, en l’espace de quatorze ans, les trois fils de Philippe le Bel, qui tenaient de leur père cette beauté mâle qui donne l’espoir d’une longue vie et d’une nombreuse postérité, montèrent sur le trône, et disparurent sans laisser d’héritiers.

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    Philippe V le Long

    (vers 1293-Longchamp 1322), régent, puis roi de France (1316-1322), deuxième fils de Philippe IV le Bel.

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    Il est désigné par les grands comme régent à la mort de son frère Louis X dont sa femme est enceinte

    Jean Ier, seul fils de Louis X le Hutin et de Clémence de Hongrie, est né à Paris dans la nuit du 13 au 14 novembre et mort à Paris le 19 novembre 1316. On se sait pas s'il n'a pas été assassiné ou enlevé et remplacé par un enfant mourant. Toujours est-il que du mois de juin au mois de novembre 1316 il n'y a pas eu de roi. Philippe, second fils de Philippe le Bel, exerce la régence. Louis X a une fille, Jeanne de Navarre. Est-elle en droit de régner à la place de son jeune frère défunt ? le régent Philippe convoque une Assemblée des barons qui le proclame roi (le 2 décembre 1316), en vertu de la «loi salique».

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     Il doit réprimer un soulèvement des «Pastoureaux», bergers et vagabonds qui dévastaient les châteaux et les églises, puis régler la question de la Flandre française qui est restituée en 1320. Ensuite il s'occupe de l'administration intérieure : il uniformise la monnaie dans tout le royaume ; comme ses prédécesseurs, il continue à affranchir des serfs. Il arme des milices urbaines. Il innove peu.

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     Philippe V le Long et Louis de Nevers

     Jeanne de Bourgogne, sa femme, ne lui donne que des filles. Il meurt de la dysenterie le 2 janvier 1322 à Longchamp. Il est enterré à Saint-Denis

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    Louis X le Hutin ou le Querelleur
    (né le 4 octobre 1289,
    mort le 5 juin 1316)

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    Louis X le Hutinche-17-fleureau-b31sceaudelouis10

    Né le 4 octobre 1289, à Paris, le fils aîné de Jeanne de Navarre et de Philippe IV le Bel, succède à son père en 1314. Il est très turbulent et querelleur, ce qui lui vaudra le surnom de Hutin ou mutin, ou encore de Noiseux. Il aime avant tout la chasse, la fauconnerie, les parties de longue paume et les femmes. Le début du règne du Hutin est marqué par une très vive réaction féodale qui se déchaîne après les abus du règne centralisateur de Philippe le Bel. Le roi doit donc céder devant les ligues féodales en sacrifiant les officiers de son père

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     En 1315, le Hutin doit aussi accorder aux nobles des chartes provinciales. De même, le clergé reçoit confirmation de ses privilèges ; fort habilement, en fin de compte, Louis X a réussi à redresser ainsi une situation périlleuse en moins de deux ans

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     Il meurt à Vincennes le 5 juin 1316, des suites d’une pneumonie, semble-t-il, laissant sa femme enceinte de cinq mois ; leur fils, Jean Ier, ne vivra que cinq jours ; quant à Jeanne, la fille d’un premier mariage, elle se voit écarter de la succession par son oncle, Philippe V le Long.

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    Philippe IV le Bel (1268 - 1314)

    Un roi administrateur


    Philippe IV le Bel devient roi à 17 ans, le 5 octobre 1285, à la mort de son père Philippe III le Hardi, victime du typhus à Perpignan au retour d'une catastrophique expédition contre l'Aragon.

    Marié l'année précédente à Jeanne de Navarre, qui lui a apporté en dot la Champagne et la Brie et à laquelle il restera toujours fidèle, il est sacré à Reims avec sa femme le 6 janvier 1286, selon la tradition capétienne.

    Sous son règne, en près de trente ans, la France consolide ses frontières. La monarchie échappe à l'emprise du pouvoir religieux. Elle s'écarte des traditions féodales en se dotant d'une administration moderne et en faisant appel à des fonctionnaires zélés issus de la bourgeoisie.

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    Échec en Flandre

    Quand il monte sur le trône, à seulement 17 ans, le roi manifeste déjà une autorité qui rappelle son grand-père Saint Louis plutôt que son père, le terne Philippe III. Mais tout au long de son règne, il va rechercher les conflits plutôt qu'il ne va les éviter à la différence de Saint Louis, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

    Ainsi prend-il prétexte d'une rixe entre marins français et anglais à Bayonne, en 1292, pour citer devant la cour son vassal le duc de Guyenne, qui n'est autre que le roi d'Angleterre, et lui confisquer son duché le 19 mai 1294.

    Le conflit tourne au désavantage de la France lorsque le comte de Flandre, Guy de Dampierre, vassal du roi capétien, prend le parti de l'Anglais. C'est que ses sujets, habitants d'Anvers ou de Bruges, sont de plus en plus liés avec les éleveurs de moutons anglais auxquels ils achètent la laine pour alimenter leurs ateliers de tissage.

    Philippe le Bel fait occuper la Flandre. Mais il ne s'en tient pas là. Il attire par ruse le comte à Paris, le séquestre et confie l'administration de ses terres à Jacques de Châtillon. Par ses maladresses, celui-ci s'aliène très vite les habitants. C'est ainsi que le 18 mai 1302, les habitants de Bruges massacrent la garnison française. Ces « Mâtines de Bruges » (par analogie avec les Vêpres siciliennes) sont suivies d'une défaite de la chevalerie française à Courtrai le 11 juillet 1302. Le roi capétien prendra sa revanche à Mons-en-Pévèle le 17 août 1304.

    De ce conflit date la scission actuelle de la Flandre, le nord s'émancipant de la suzeraineté capétienne, le sud (Lille, Douai, Béthune) étant livré à Philippe le Bel par le traité d'Athis-sur-Orge, le 24 juin 1305, conclu avec le comte Robert de Béthune.

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    Impopulaires impôts


    Philippe le Bel a besoin d'argent pour poursuivre la guerre contre les Flamands et maintenir le train de vie de l'État malgré quelques signes de dépression économique. Il ne lui suffit pas de dévaluer la monnaie ni de dépouiller les juifs et les banquiers lombards. Il crée aussi de nouveaux impôts, tel celui sur les ventes que le peuple surnomme la «maltôte» ou mal levé. Le mot finira par désigner tout impôt illégitime.

    Pour élaborer ses décisions et faire passer ses réformes, le roi s'appuie sur un Conseil composé de personnes qu'il choisit en fonction de leurs compétences. Ce sont généralement des juristes pétris de droit romain. Issus de la bourgeoisie, ils sont dévoués au roi, auquel ils doivent tout. Les grands féodaux, jaloux, ne manquent pas d'attiser contre eux le ressentiment populaire.

    À partir de 1302, le roi prend aussi l'initiative de réunir à Notre-Dame des représentants du clergé, de la noblesse et des bourgeois pour obtenir leur acquiescement à ses réformes et ainsi faire passer celles-ci plus aisément. Ces réunions occasionnelles préfigurent les «états généraux» (les derniers seront réunis en 1614 et 1789).

    Philippe le Bel commence par ailleurs à organiser son administration et constituer des services spécialisés. C'est ainsi que prend forme le «Parlement» ébauché par son grand-père. Il siège à Paris et traite les affaires judiciaires en appel. Il crée une Chambre des Comptes chargée de contrôler la gestion des officiers royaux. Il confie à ses proches conseillers Pierre Flote puis Guillaume de Nogaret la garde du Sceau royal au sein d'une chancellerie. À eux revient l'enregistrement et l'expédition des actes royaux.

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    Le petit-fils de Saint Louis en conflit avec le pape

    Le roi lève en 1295 un impôt occasionnel sur le clergé, la «décime». Le clergé s'incline, bien que le roi se soit dispensé de demander l'autorisation au pape de lever cet impôt. Il est vrai que l'on ne saurait rien refuser au petit-fils du pieux Louis IX, d'autant que celui-ci est canonisé par le pape Boniface VIII le 11 août 1297.

    Cela n'empêchera pas le roi d'entrer en conflit avec la papauté pour une absurde affaire liée à quelques insultes proférées par l'évêque de Pamiers Bernard Saisset à son égard. Il fait arrêter l'évêque le 12 juillet 1301. L'année suivante, le pape Boniface VIII proteste et menace d'excommunication Philippe IV.

    Guillaume de Nogaret, fidèle serviteur du roi, se rend en Italie en vue de destituer le pape. La rencontre a lieu le 8 septembre 1303, à Anagni, au sud de Rome. Elle tourne mal. On parle d'un «attentat» contre la personne du pape, qui aurait été souffleté.

    Cet événement marque une rupture avec le XIIIe siècle, siècle chrétien par excellence durant lequel les gouvernements se soumettaient bon gré mal gré aux exigences du pape. Philippe IV le Bel se pose en précurseur du gallicanisme et de la laïcité, autrement dit de la séparation de l'Église et de l'État.

    Le pape meurt quelques semaines plus tard et, le 5 juin 1305, c'est un Français qui monte sur le trône de Saint-Pierre sous le nom de Clément V, à l'instigation de Philippe le Bel. Empêché de s'installer à Rome pour cause de troubles dans la Ville éternelle, il se fixe à Avignon, à la frontière avec la France. Cette résidence provisoire va se prolonger jusqu'en 1376.

    La grande affaire du règne est l'arrestation des Templiers le vendredi 13 octobre 1307. Ces moines-soldats, depuis la fin des croisades, vivent en France de leurs rentes. L'opinion ne les aime guère et le roi lorgne sur leurs biens. Après leur arrestation, ils sont torturés, jugés et condamnés. Les derniers, dont le grand maître Jacques de Molay, sont brûlés en 1314 à l'extrémité de l'île de la Cité, à Paris. Quelques semaines plus tard meurent à leur tour le pape qui les a abandonnés et le roi qui les a fait condamner.

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    Bon ordre apparent

    La fin du règne est altérée par le scandale de la Tour de Nesle et la révélation de l'adultère des belles-filles du roi... Mais le royaume, à la mort du roi, le 29 novembre 1314, paraît en ordre et plus puissant que jamais.

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    Philippe III le Hardi (1245-1285)

    Roi de France (1270-1285)

    C’est à Tunis que Philippe, à la mort de son père Louis IX, devient roi de France. Peu de temps avant de mourir Louis IX lui a donné ce conseil : “Mon cher fils, je te prie de te faire aimer du peuple de ton royaume ; car, en vérité, je préférerais qu’un Écossais vint d’Écosse et gouverna le peuple du royaume bien et loyalement, plutôt qu’on le vit mal gouverné par toi.” Le retour du roi vers la France est terrible. Sa jeune épouse, Isabelle d’Aragon, meurt pendant le voyage, enceinte d’un cinquième enfant. C’est un cortège funèbre qui entre à Paris, le 20 mai 1271. Le roi dépose à Saint-Denis les os de son père, le corps de sa femme, la reine, celui d’un enfant mort-né et celui du roi de Navarre. Il est sacré le 15 août à Soissons

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    . En octobre, il annexe au domaine royal le Poitou, l’Auvergne et le comté de Toulouse, après la mort de son oncle, Alphonse de Poitiers. Ce n’est pas cette audace qui lui fait tenir tête aux prétentions d’Henri III d’Angleterre qui vaut au roi son surnom, le Hardi, c’est à sa bravoure au combat, comme à la chasse, qu’il le doit. En 1274, il épouse Marie de Brabant. Elle lui donne deux enfants et exerce une influence forte sur le caractère souvent indécis du roi.

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     En 1280, la Castille et l’Aragon se liguent contre la France, contestant les prétentions de Charles 1er d’Anjou sur la Sicile. Deux ans plus tard, lors du lundi de Pâques, les cloches sonnent le signal du massacre des Français, les Vêpres Siciliennes. Le pape Martin IV, en réponse à ce massacre, dépossède Pierre III d’Aragon de toutes ses terres et les donnent en réparation au fils du roi de France. Ce n’est qu’un an plus tard, en 1285, que Philippe le Hardi met le siège, le 27 juin, devant Gérone. La malaria atteint l’armée de 20 000 cavaliers et 80 000 fantassins que le roi Philippe III le Hardi commande et parachève le massacre que les assiégés ont fait des troupes françaises

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    Qui plus est, le 4 septembre, la flotte est coulée. Épuisées, les troupes du roi doivent quitter l’Espagne. C’est à Perpignan le 5 octobre1285 que meurt le roi qui n’a pu qu’ébaucher les réformes de l’administration du royaume, commencer de mettre en place les relais de légistes afin d’imposer l’absolutisme. Son fils, Philippe IV le Bel, lui succède.

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