• thierry-III

    Thierry III
    (né en 654, mort en 691)
     
    (Roi de Neustrie et de Bourgogne : règne 673-673.
    Roi de Neustrie et de Bourgogne : règne 675-679.
    Roi des Francs : règne 679-691)

    Roi des Francs, il fut le dernier fils de Clovis II et le frère de Clotaire III et de Childéric II. Ce prince offre, dans toutes les époques de sa vie, un terrible exemple des désordres qui s’étaient introduits dans le royaume pendant les minorités successives des monarques de la première dynastie. Il fut exclu dès le berceau de la succession de son père, et ne put accuser de cette injustice que les grands de l’Etat, puisque ses frères étaient trop jeunes pour avoir été consultés.

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    A la mort de Clotaire III, Ebroïn, maire du palais, homme ambitieux, avare, cruel, en horreur à tous les Français, se hâta de proclamer Thierry roi de Neustrie et de Bourgogne, dans l’unique dessein de régner sous son nom ; mais la haine qu’il inspirait s’étendit sur le roi qu’il avait proclamé ; et Thierry, détrôné par son frère Childéric II, roi d’Austrasie, fut enfermé dans l’abbaye de Saint-Denis.
     A la mort de Childéric (675), il sortit de ce monastère pour monter de nouveau sur le trône ; et le royaume du grand Clovis semblait devoir lui revenir tout entier, puisqu’il se trouvait alors seul héritier de Clovis II ; mais un fils de Sigebert III (Dagobert II), que Grimoald avait fait déporter en Ecosse, en répandant le bruit de sa mort, reparut pour réclamer le royaume d’Austrasie, tandis qu’Ebroïn, furieux de n’être pas appelé par Thierry pour gouverner la France avec le titre de maire du palais, supposait que Clotaire III avait laissé un fils auquel il donnait le nom de Clovis (Clovis III), et, sous ce prétexte, armait les peuples contre leur roi légitime.

    Ebroïn eut des succès assez grands pour obliger Thierry à traiter avec lui et à lui accorder la mairie du palais. Aussitôt le prétendu fils de Clotaire III disparut, et Ebroïn régna despotiquement sur son maître et sur les Français, jusqu’à ce qu’un seigneur, nommé Ermenfroi, prévînt le tyran qui avait juré sa mort, en l’assassinant au moment où il sortait pour se rendre à l’église.

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    Assinat d'Ebroïn

    Thierry, débarrassé d’un maire du palais généralement détesté, trouva un ennemi plus dangereux encore dans un maire du palais adoré de la nation entière ; ce fut Pépin le Gros, autrement appelé Pépin d’Héristal, qui, sans prendre le titre de roi d’Austrasie, gouvernait ce royaume de sa propre autorité. Les victimes de l’ambition et de la cruauté d’Ebroïn avaient cherché un asile à la cour d’Austrasie.

    Après la mort de ce ministre, ils demandèrent à Thierry d’être remis en possession de leurs biens et de leurs honneurs. Ils éprouvèrent un refus ; et Pépin se chargea de les ramener les armes à la main, unissant ainsi de grands intérêts à la guerre qu’il méditait contre son roi. Cette guerre eut un succès tel, que Thierry, après avoir été vaincu à Testri en Vermandois, sans cesse condamné à s’accommoder avec le vainqueur, nomma Pépin le Gros maire du palais du royaume de Neustrie, ce qui étendit sur la France entière la puissance de ce duc.

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    Depuis cette époque, Thierry retomba dans la nullité où il avait vécu sous Ebroïn, et il n’eut de roi que le nom. Enfermé à Maumaques, maison de plaisance sur l’Oise, il n’en sortait que pour se rendre aux assemblées publiques, monté sur un chariot traîné par des bœufs. II vécut ainsi jusqu’en 691, laissant deux fils, Clovis IV et Childebert III, qui régnèrent après lui et comme lui.

    Il fut enterré dans l’abbaye de Saint-Waast d’Arras, où l’on voyait encore son épitaphe. Grotilde ou Clotilde, sa femme, y fut placée à côté de lui. Ce prince, malheureux sans l’avoir mérité, fut tour à tour le jouet du caprice et de l’ambition des grands de son royaume. Exclu dès le berceau de la succession du roi son père, renversé du trône par un frère ambitieux, il ne rentra dans ses droits que pour être l’esclave de ceux dont le ciel l’avait fait naître le souverain. On juge cependant à travers l’obscurité de l’histoire, dont les auteurs étaient vendus à la famille de Pépin, qu’il ne fut pas dépourvu de grandes qualités. La confiance dont il honora saint Léger lui fait honneur.

    Clotilde

    Clotilde, la femme de Thierry III

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  • Childeric-II

    Childéric II
    (né en juillet 653, mort en 675)
     
    (Roi d’Austrasie : règne 662-675. Occupe sans légitimité la Neustrie
    et la Bourgogne dès 673 (Thierry III s’y oppose et les reprend en 675))

    10-Childeric-IIChilderic II

    Second fils de Clovis II et de Bathilde, il eut en partage le royaume d’Austrasie, et commença à régner en 662. A la mort de Clotaire III, son frère, il réunit à la couronne qu’il possédait déjà les royaumes de Bourgogne et de Neustrie. C’est la cinquième fois, depuis l’entrée du grand Clovis dans les Gaules, que la monarchie française se trouve gouvernée par un roi.

    Une grande injustice avait été commise à la mort de Clovis II, puisque Thierry, le troisième et le dernier de ses fils, n’avait pas été appelé au partage du royaume. Comme ce prince était encore au berceau, on négligea de le confiner dans un monastère, suivant l’usage de ce temps ; mais il était aisé de prévoir qu’au milieu des factions qui divisaient les grands, il se trouverait quelque jour un ambitieux qui prendrait en main la cause de Thierry, s’il trouvait son avantage à se déclarer le défenseur de l’innocence opprimée.
    14 Childeric II

     

    En effet, Ebroïn, maire du palais sous Clotaire III, sentit que la mort de ce prince le mettait à la merci des grands qu’il avait offensés par ses hauteurs, du peuple, victime de son avarice, et le livrait au ressentiment de la cour d’Austrasie, où tous ceux qui redoutaient son ambition et sa cruauté avaient été chercher un refuge. Seul, sans parti, odieux à toutes les classes de l’Etat, il prend une résolution digne de son caractère ; il fait monter Thierry sur le trône de Clotaire III, lui donne ainsi les royaumes de Bourgogne et de Neustrie, sans consulter les principaux personnages de l’Etat, et pousse l’impudence jusqu’à leur défendre de venir saluer le chef sous lequel il va régner de nouveau

    C’était réparer une injustice d’une manière trop violente pour faire des partisans au nouveau roi. Le mécontentement fut extrême ; Ebroïn s’y attendait sans doute, mais il espérait profiter de la multiplicité des partis pour les asservir : il n’en eut pas le temps. Léger, évêque d’Autun, sut les réunir ; ils députèrent vers Childéric, qui vint d’Austrasie avec une armée, fut accueilli des peuples comme un libérateur, se saisit d’Ebroïn, qu’il aurait livré à la mort, si Léger n’avait obtenu la vie du coupable, qu’on se contenta d’envoyer au monastère de Luxeuil pour y faire pénitence. Cette indulgence de Léger est blâmée par les historiens ; il est vrai qu’il eut lieu de s’en repentir ; mais ce prélat, aussi éclairé que vertueux, donnait, dans un siècle de faction et de cruauté, un exemple dont il pouvait prévoir qu’il réclamerait un jour l’application pour lui-même.

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    Thierry, roi d’un moment, fut rasé et confiné dans l’abbaye de Saint-Denis, jusqu’à ce que de nouveaux événements le reportassent sur le trône. Lorsque son frère Childéric l’interrogea sur ce qu’il pouvait faire pour adoucir son malheur : « Je ne demande rien de vous, répond-il, mais j’attends de Dieu la vengeance de l’injustice qu’on me fait. »

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    Les grands, qui venaient de donner deux royaumes à Childéric II, saisirent cette occasion peur exiger la réforme des abus qui s’étaient introduits dans le gouvernement ; leur requête contenait quatre articles, qui tous tendaient à revenir aux anciennes lois et coutumes, et surtout à ce que le roi ne mît pas entre les mains d’un seul toute l’autorité, afin que les seigneurs n’eussent pas le chagrin de se voir sous les pieds d’un de leurs égaux, et que chacun eût part aux honneurs où sa naissance lui donnait le droit d’aspirer.

    Ebroïn leur avait appris à redouter le pouvoir d’un ministre. La principale autorité fut confiée à Léger, auteur de la révolution qui s’était opérée si heureusement ; mais un roi livré à ses passions, incapable de se conduire lui-même, fut bientôt fatigué des conseils d’un ministre vertueux. Révolté de ses remontrances, il conçut contre lui une haine d’autant plus violente, qu’il le craignait pour les services qu’il lui avait rendus depuis qu’il n’en conservait plus de reconnaissance.

    La mort de l’évêque d’Autun fut résolue ; il l’évita en paraissant ne pas la craindre ; mais il fut dégradé et confiné dans le même monastère de Luxeuil, où languissait Ebroïn ; et ces deux hommes, que d’autres événements devraient rappeler à leur ancienne rivalité, se traitèrent avec amitié tant qu’ils vécurent dans la même disgrâce. Childéric II, débarrassé de la contrainte que lui imposaient les vertus de Léger, se fit détester par ses violences ; il poussa l’oubli des égards dus aux descendants des compagnons du grand Clovis, jusqu’à faire attacher à un poteau, et battre comme un esclave, un seigneur nommé Bodillon, « pour avoir osé, dit Velly, lui représenter le danger d’un impôt excessif qu’il méditait d’établir. »

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     Celui-ci, pour mieux assurer sa vengeance, s’unit à ceux qui, comme lui, avaient essuyé des injures personnelles, et profita d’une partie de chasse dans la forêt de Livry, pour tuer le roi de sa propre main, tandis que les autres massacraient la reine Blitilde, qui était enceinte, et l’aîné de ses fils, nommé Dagobert.

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    Le plus jeune échappa à la rage des conjurés, et fut élevé dans un monastère, pour reparaître à son tour comme Thierry, que la mort violente de son frère fit passer de l’abbaye de Saint-Denis au trône. Léger et Ebroïn sortirent également du monastère de Luxeuil, trouvèrent des partis prêts à les seconder, et le royaume dans une telle confusion, que, selon un auteur de ce temps, on s’attendait à la fin du monde, attente qui, du reste, ne suspendit aucune ambition. Childéric II fut assassiné en 675 et enterré dans l’église de Saint-Vincent de Paris.

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  • clotaire-III

    Clotaire III
    (né en 652, mort en 673)
     
    (Roi de Neustrie et de Bourgogne : règne 657-673

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    Aîné des fils de Clovis II, il eut en partage les royaumes de Neustrie et de Bourgogne, et commença à régner en 657 ; son frère, Childéric, eut le royaume d’Austrasie ; Thierry, qui était encore au berceau, ne reçut aucune part de l’héritage de Clovis II ; et comme Clotaire et Childéric se trouvaient trop jeunes pour agir par eux-mêmes, il est évident que cette violation des lois constitutionnelles fut l’ouvrage des seigneurs, qui voyaient dans la réunion des royaumes un moyen assuré d’arriver à l’indépendance, à laquelle ils tendaient tous.

    lff2nfmhPortrait Roi de france Clotaire III

    En effet, la Neustrie et la Bourgogne pouvaient bien être gouvernées par le même prince, mais sans cesser de faire des États séparés. Or, dans les royaumes que le monarque n’habitait pas, la puissance restait entière au maire du palais, élu par les grands, et conséquemment obligé de servir leurs prétentions pour s’en faire un appui contre l’autorité légitime. C’est ainsi que se préparait de loin le morcellement de la France en autant de petites souverainetés qu’on pouvait y compter de châteaux, morcellement qu’on a pris l’habitude de désigner sous le nom de régime féodal, quoiqu’il ne soit réellement que la dégénérescence de la vraie féodalité.
     La reine Batilde, mère des trois héritiers de Clovis II, dut voir avec chagrin l’injustice commise à l’égard du plus jeune de ses fils ; elle ne put l’empêcher, malgré l’ascendant que lui donnaient ses vertus, et cela prouve en faveur des historiens qui ont annoncé qu’elle fut obligée, quelques années après, de quitter la cour, contre ceux qui pensent que sa retraite fut volontaire et uniquement décidée par sa piété.

    che-17-fleureau-b06grandeschroniques14e2Saint Bathild

    Batilde, avec l’assistance des évêques, maintint pendant dix ans les États de Clotaire III sans troubles ; elle diminua les charges publiques, abolit de vieilles coutumes qui perpétuaient l’usage des esclaves parmi les Français chrétiens, fit le bien avec persévérance au milieu d’une cour que la minorité du roi disposait aux factions ; et surtout elle contraignit le maire du palais Ebroïn à cacher sous les plus séduisants dehors son ambition, sa cruauté et son avarice ; mais cet homme étonnant, par les ressources de son génie et sa prodigieuse activité, sut la réduire elle-même à quitter le gouvernement, à se retirer dans un monastère, en lui laissant l’honneur d’une démarche sur laquelle elle n’était plus libre d’hésiter.

    13 Clotaire III200px-Tiers de sou de Clotaire III frappé à Paris

    Dès ce moment, il gouverna en maître jusqu’à la mort de Clotaire III, qui arriva peu d’années après la retraite de sa mère. Ce prince n’avait pas d’enfants ; mais on remarque qu’il était en âge d’en avoir, puisqu’il avait 18 ans lorsqu’il mourut. Cette observation est d’autant plus importante qu’Ebroïn lui supposa quelque temps un fils. On peut se faire une idée du singulier état où plusieurs minorités avaient réduit la famille royale, puisqu’on osa impunément supposer un fils (Clovis III) à Clotaire III, qui n’avait jamais cessé de vivre au milieu de ses sujets, et peut-être même d’habiter sa capitale.

    Clotaire III Saint Bathild

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  •    image008 (1)

    Childebert III dit l'Adopté, né vers 650 et mort en 662, fut roi des Francs d'Austrasie de 656 à 662. Il succèda à son père (peut-être adoptif) Sigebert III. Il fut déposé au bout de six ans de règne au profit de Childéric II

      deux thèses quant à son identité véritable

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    Première thèse :

    Childebert III, fils de Grimoald adopté par Sigebert III selon le Liber Historiae Francorum
    Selon l'auteur anonyme du Liber Historiae Francorum rédigé vers 727 et dont on sait qu'il était un moine partisan des Neustriens, Childebert était le fils de Grimoald, maire du palais d'Austrasie au nom du jeune roi Sigebert III. Ce dernier avait épousé Chimnechilde vers 647, mais aucun enfant n'était né au bout de cinq ans et Sigebert, âgé de vingt un ans, décide en 652 d'adopter Childebert, le fils du maire du palais. Peu après Chimnechilde donne naissance à un fils, Dagobert II, puis à une fille, Bilichilde.

    Quand Sigebert meurt, en 656, Grimoald écarte Dagobert, qu'il fait tonsurer, le confie à Didon, évêque de Poitiers lequel l'envoie en Angleterre, et place Childebert sur le trône. Clovis II, roi de Neustrie et demi-frère de Sigebert III voulant réunir l'Austrasie à son royaume de Neustrie, aurait laissé faire l'exil de son neveu, mais voit ses ambitions contrariées par celles de Grimoald. Au bout de six ans, Ébroïn, maire du palais au nom de Clotaire III, fils aîné de Clovis II attire Grimoald et Childebert en Neustrie, les fait tuer et place sur le trône d'Austrasie le fils cadet de Clovis II, Childéric II, qui épouse Bilichilde.
    Childebert III, fils de Sigebert III adopté par Grimoald selon plusieurs historiens

    Sou d'or de Childebert III frappé à Marseillechildebert III monnaie british museum

    Deuxième thèse :

    Selon Richard Gerberding], le récit du Liber Historiae Francorun contient une invraisemblance de taille : il est difficile d'admettre que Sigebert III ait pu craindre à l'âge de 21 ans de ne pouvoir avoir de fils, crainte d'autant plus déraisonnable qu'il lui en naît un peu après.
    Selon l'historien Matthias Becher, aucun texte mérovingien contemporain ne mentionne Childebert III comme un roi non mérovingien . En dehors du Liber Historiae Francorum, la mention d'adoptif n'apparaît que sous le règne de Charlemagne, à la fin du VIIIe siècle et sous la forme Childebertus adoptivus filius Grimoald ou Childebertus  adoptivus Grimoaldus, formulation qui a plutôt tendance à signifier « Childebert fils adoptif de Grimoald » ou « Childebert c'est-à-dire l'adoptif de Grimoald ».
    Selon Christian Settipani, il semble que Childebert fut en fait un fils de Sigebert, légitime ou naturel, qui le confia en tutelle à Grimoald au moment de sa mort. L'auteur du Liber Historiae Francorum aurait alors rédigé un récit erroné mais conforme aux intérêts neustriens.
    Étant donné les habitudes polygames des rois mérovingiens, il est difficile de dire si Childebert III est fils de Chimnechilde ou d'une concubine de Sigebert III. Dans ce dernier cas, l'exil du futur Dagobert II serait en fait un moyen d'éliminer un héritier avec qui il aurait fallu partager le royaume.

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  • 0kk2c2g4

    Clovis II
    (né en 634, mort en 657)
     
    (Roi de Bourgogne et de Neustrie : règne 639-657
    Roi des Francs : règne 657)

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    Second fils de Dagobert, il eut en partage les royaumes de Neustrie et de Bourgogne, en 639 ; comme il était encore en bas âge, le gouvernement fut confié à la reine Nantilde, sa mère, et surtout à Ega, puis à Erchinoald ou Archambaud, tous deux successivement maires du palais. Avec le même titre, Pépin le Vieux gouvernait l’Austrasie pendant la minorité du roi Sigebert, frère de Clovis II, et les Bourguignons, qui avaient renoncé à avoir un maire du palais depuis Clotaire II, ayant exigé le rétablissement de cette charge dans le royaume de Bourgogne, la France entière se trouva soumise au pouvoir de ces tuteurs des rois, d’autant plus dangereux qu’ils commandaient l’armée, qu’ils étaient élus par les grands, et que leur naissance ou les alliances qu’ils contractaient les rapprochaient encore du trône

    Albert Maignan - Hommage à Clovis II1678e7bd

    En effet, la reine Nantilde ayant fait obtenir la mairie du palais du royaume de Bourgogne à Flaochat, autrement appelé Flavade, seigneur qui lui était fort attaché, elle lui donna sa nièce en mariage. Nantilde vécut trop peu pour le bonheur de la France ; son ascendant était assez fort pour contenir les prétentions toujours si actives pendant les minorités, surtout à une époque où l’obéissance n’était pas dans les mœurs de la nation française. Elle donna une grande preuve de sa justice en consentant, sur la demande des seigneurs d’Austrasie, au partage égal des trésors du roi mort entre les deux fils qu’il avait laissés ; car les trésors d’un monarque de la première dynastie étaient un des plus forts moyens de sa puissance, et Nantilde, qui ne gouvernait que les Etats de Clovis II, eut assez de générosité pour se dessaisir de la moitié des richesses de Dagobert en faveur de Sigebert, sur les Etats duquel elle était sans influence, parce qu’il n’était pas son fils.

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     Le désordre qui règne dans les chroniques de ce temps annonce la confusion qui s’était introduite dans le royaume ; on n’y tient plus compte des faits qui intéressent la gloire de la France ; à peine prend-on soin de marquer les dates, que l’histoire réclame à défaut d’autres renseignements ; on ne sait des rois que leur nom ; leur autorité appartient au plus habile, et les mêmes hommes sont loués ou condamnés avec si peu de mesure, qu’il est impossible de se prononcer aujourd’hui sur la probabilité des accusations et la valeur des éloges.

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    Tout ce qu’on sait de Clovis II, c’est que les révolutions contre la famille royale d’Austrasie le rendirent seul possesseur de l’héritage du grand Clovis ; qu’après avoir prodigué des trésors pour nourrir les pauvres dans un temps de famine, il employa au même usage les lames d’argent dont le roi Dagobert avait couvert le faîte de l’abbaye de Saint-Denis, ce qui, suivant quelques historiens, en le faisant chérir du peuple, indisposa fort les moines contre lui ; qu’il épousa en 651 Bathilde, jeune Anglaise d’une grande beauté, enlevée par des pirates, et vendue comme esclave à Erchinoald, son maire du palais ; que, sujet à de fréquentes convulsions qui affaiblissaient son esprit, il mourut en 657, laissant trois fils mineurs, Clotaire III, Childéric II et Thierry III, ce dernier encore au berceau.

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    Il passe pour être le premier roi de France qui se soit servi d’une voiture, jusque-là réservée pour les reines


     
    Il ne serait pas extraordinaire que Clovis II, dont la santé était faible, se fût servi de cet équipage dans un temps où l’on n’en connaissait pas d’autre ; car ce n’est pas pour s’être fait traîner lentement par des bœufs que ce prince a été déclaré fainéant, mais pour s’être montré en voiture à une époque où les rois ne paraissaient en public qu’à cheval.

    Lorsqu’en 657 Grimoald est exécuté par Clovis II, Childebert l’Adopté règne sur l’Austrasie. Fut-il tué également, Clovis II réunissant alors la Neustrie et l’Austrasie dont le gouvernement fut assuré par le maire du Palais Archinoald ? Conserva-t-il le trône d’Austrasie avant d’être tué en 662 ? On ne peut le déterminer avec certitude. Quoi qu’il en soit, Clovis II mourant peu de temps après l’exécution de Grimoald en laissant trois fils en bas âge, c’est son épouse, la reine Bathilde, qui assura la régence

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  • NIM21785

    (631- 656) règne de 632 à 656

    Roi d’Austrasie, il succéda, en 633, à son père Dagobert, qui, en lui cédant ce royaume de son vivant, le mit sous la direction des plus sages ministres, de Cunibert, évêque de Cologne, et du duc Adalgise. A la mort de Dagobert Ier en 639, Pépin de Landen délaissa sa charge de Maire du Palais de Neustrie pour celle de l’Austrasie et, avec son fils Grimoald, s’empara de la régence, gouvernant de fait à la place de Sigebert

    Sigebert-III (1)Solidus de Sigebert III frappé à Marseille

    Pépin de Landen s’allia également avec Cunibert, évêque de Cologne, alors tuteur du jeune roi, pour mieux s’attacher l’aristocratie austrasienne. Ainsi, malgré le long règne de Sigebert III, celui-ci n’eut jamais réellement le pouvoir et inaugura ce qui fut appelée la lignée des rois fainéants. La guerre de Thuringe, où son armée fut défaite par le rebelle Radulphe, est le seul événement mémorable de son règne. Les larmes amères qu’on lui vit répandre sur le sort de ses sujets tués à ses yeux dans ce combat sont un préjugé favorable en faveur de son humanité et de ses inclinations pacifiques.

    Sigebert III 2sigebert-III

    Grimoald ne put se venger de Radulphe qui se proclama roi de Thuringe à la grande fureur des Francs, car la mort de son père, Pépin de Landen, ouvrit une lutte pour l’accès à la mairie du palais. Le nouveau, Otton, s’en empara, écartant Grimoald. Désireux de reprendre le pouvoir qu’il jugeait lui revenir par droit de succession, Grimoald complota avec le duc des Alamans, Leuthari, qui parvint à faire assassiner Otton en 642. Devenu Maire du Palais d’Austrasie, Grimoald s’attacha à rendre héréditaire cette fonction.

    Pépin+de+Landenroimerovingien

    Reprenant les hostilités avec Radulphe, il écrasa la révolte en 645 et soumit la province. Maître de l’Austrasie, Grimoald envisageait de déposer la dynastie mérovingienne. Sigebert III n’ayant toujours pas d’héritier mâle, Grimoald parvint à convaincre le roi d’adopter son propre fils, habilement nommé Childebert

    pepin de landen 1

    La naissance inespérée du futur Dagobert II fut plus tard en passe d’assurer la lignée mérovingienne, ruinant tous les projets de Grimoald. Lorsque Sigebert III mourut en 656, Grimoald réalisa un coup d’état et exila le jeune prince en Irlande. Il usurpa ainsi le trône d’Austrasie au profit de son fils Childebert (appelé Childebert l’adopté).

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    Un chariot à l'époque des rois fainéants.

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  • windowslivewritermonnaiesenor-1036cimage-a2e78ac4-c1f7-42e5

    Caribert II (né en 606/610 - mort le 8 avril 632), roi d'Aquitaine à partir de 629. Il est le fils du roi des Francs Clotaire II et de Sichilde1. Il est roi d'Aquitaine de 629 à sa mort en 632.
     
     

     

    .
    Il est le demi-frère de Dagobert Ier. Parfois considéré comme simple d'esprit (peut-être s'agissait-il seulement d'une faiblesse physique), son père l'aurait volontairement écarté du pouvoir.

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    En décembre 626 à Clichy, selon la volonté de son père Clotaire II et quelques jours après le mariage de Dagobert avec Gomatrude, saint Amand célébra l'union de Caribert et Fulberte, belle-sœur de Brodulf, frère de la reine Sichilde. Il est possible que Fulberte soit un personnage inventé au XXe siècle ou XXIe siècle par des généalogistes.
     
    En 629, poussé par des partisans Neustriens regroupés autour de son oncle maternel Brodulf, il devint roi d'Aquitaine, royaume concédé par Dagobert Ier, auprès de qui il resta soumis. A la manière de Dagobert Ier, vice-roi d'Austrasie, soumis à Clotaire II, de Judicaël, duc ou roi des Bretons, qui a reconnu sa dépendance envers Dagobert Ier, et de Chramn soumis à Clotaire Ier, nommé roi d’Aquitaine, il y a une tradition franque du vice-royaume . Ce royaume, allant jusqu'aux Pyrénées, comprenait plusieurs comtés situés entre Toulouse et Bordeaux mais aussi les régions de Cahors, Agen, Périgueux et Saintes.Il eût Toulouse comme capitale. L'Aquitaine servit de zone tampon entre la Septimanie wisigothique et le royaume franc de Dagobert. Il fut menacé par les incursions des Basques ou "Vascons".

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    En 630, son oncle Brodulf fut assassiné par son demi-frère Dagobert à Saint-Jean-de-Losne en Burgondie.
     Il participa au baptême de Sigebert, fils de Dagobert et Ragnetrude, en le tenant sur les fonts baptismaux.

    Sigebert III 2

    Le 8 avril 632, Caribert mourut après un bref règne de trois ans. Son corps fut inhumé dans la basilique Saint-Romain, à Blaye.

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  • roi dagobert1er

    Dagobert Ier est un roi mérovingien (v. 602/605 – 19 janvier 638 ou 639), fils de Clotaire II, roi des Francs et de Bertrude. Il régne sur l'Austrasie de 623 à 632, et comme Roi des Francs de 629 à 639.

    En 623, cédant aux revendications autonomistes des nobles d'Austrasie, son père le nomme roi de ce territoire (amputé néanmoins des régions à l'ouest des Ardennes et des Vosges). Ses tuteurs seront le maire du palais Pépin de Landen et saint Arnoul, évêque de Metz, qui étaient déjà les dirigeants effectifs de la contrée. À sa majorité, échappant à la tutelle, il exige que son père lui restitue les provinces de Brie et de Champagne.

    dagobert-Ierde Neustrie Dagobert I

    Dès le décès de Clotaire II (629), il se fait nommer roi de Bourgogne, puis chasse son frère cadet Caribert II de la Neustrie, lui faisant jurer de renoncer définitivement à la Gaule. Il ne lui laisse pour territoire que le royaume d'Aquitaine, créé pour l'occasion. Quelques années plus tard, le décès de Caribert II lui permet de récupérer l'Aquitaine, reconstituant ainsi le royaume franc tel qu'il était sous le règne de son père. Dès lors, il choisit de quitter l'Austrasie, et de prendre Paris pour capitale, de par sa position géographique au centre du royaume.

    CART03250px-Clotaire II Dagobert Ier et saint Arnoul

    Il se sépare ensuite de Pépin de Landen, tentant de recouvrer un peu du pouvoir que son père avait laissé aller aux maires du palais. Il choisit alors d'excellents conseillers tels que le chancelier Didier, le référendaire Dadon (canonisé sous le nom de Saint Ouen) et l'orfèvre Eligius (futur saint Eloi). Avec leur aide, il va s'occuper en priorité des affaires intérieures du grand royaume des Francs et son règne va constituer une trève heureuse dans l'anarchie mérovingienne et apporter une paix relative, grâce à sa volonté d'unifier le gouvernement du pays. Il va entreprendre un certain nombre de réformes essentielles :
    ¦ Il lutte contre les revendications autonomistes de certaines parties de la noblesse, et continuant l'œuvre entreprise par Clotaire II, il parvient à supprimer la pratique successorale dite de la « patrimonialité » qui fut, à cause des mésententes de partage, génératrice de nombreux conflits.

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    ¦ Il parvient aussi à réorganiser l'administration et la justice du royaume, et prend l'initiative, sur les conseils de l'ancien orfèvre Éloi, d'éliminer toute la fraude monétaire, en centralisant au palais la frappe de la monnaie.
    ¦ Il développe également l'éducation et les arts, et fera de nombreux dons importants au clergé (il fondera entre autres l'abbaye de Saint Denis qui accueillera son tombeau quelques années plus tard). Il fut en fait le dernier roi mérovingien à diriger personnellement le regnum francorum.

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    Au niveau politique, Dagobert développe les relations diplomatiques avec les pays voisins : il signe en 631 un traité de « Paix Perpétuelle » avec l'empereur byzantin Héraclius, une alliance avec les Lombards en 632, et un accord en 633 avec les Saxons pour qu'ils l'aident à protéger ses frontières des Slaves de Samo. Il mène également des campagnes militaires, notamment contre les Gascons (638), les Bretons, et surtout les Slaves qui lui résisteront en 632.

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     Mais en 632, la noblesse d'Austrasie se révolte, et pour apaiser les esprits, Dagobert est contraint d'abandonner le royaume d'Austrasie à son fils Sigebert III qui n'a alors que deux ans (il réussit néanmoins à écarter cette fois Pépin de Landen du poste de maire du palais). Ce sont ensuite les nobles de Neustrie qui revendiquent leur rattachement à la Bourgogne; ils exigent et obtiennent que Dagobert rassemble les deux régions, et qu'il place son fils Clovis II à la tête de ce nouveau royaume.

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    À sa mort, ses deux héritiers sont encore très jeunes : Sigebert a huit ans, et Clovis quatre; l'unité de commandement disparaît et les luttes et l'anarchie reprennent, le pouvoir des maires du Palais, va s'accroître au détriment des rois, car ils en profitent pour manipuler les jeunes souverains et s'accaparer définitivement du pouvoir : c'est le début de l'époque dite des Rois Fainéants qui marquera la fin de la dynastie mérovingienne.

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    Avant de mourir, le roi Dagobert avait choisi d'être enterré, non à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, comme ses prédécesseurs depuis Childebert Ier en 558, mais à la nouvelle basilique Saint-Denis, sur le lieu où reposait déjà depuis 570, Arégonde, la quatrième épouse de Clotaire Ier. De Dagobert, dernier roi unique du regnum Francorum, il subsiste, le tombeau que fit installer au XIIIe siècle le roi Louis IX.

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    Clotaire II le Grand
    (né en mars 584, mort le 18 octobre 629)
     
    (Roi de Neustrie : règne 584-613. Roi de Paris : règne 595-613.
    Roi des Francs : règne 613-629

    Fils de Chilpéric Ier et de Frédégonde, il succéda à son père dans le royaume de Soissons en 584, n’étant âgé que de quatre mois. On lui contestait jusqu’à la légitimité de sa naissance, et la conduite scandaleuse de sa mère ne prêtait que trop à de pareils soupçons.

    Cette reine, profitant de la division qui existait entre Gontran, roi de Bourgogne, et Childebert, son neveu, roi d’Austrasie, plaça son fils sous la protection du premier, qui, touché de cette marque de confiance, le tint sur les fonts de baptême, et le fit reconnaître roi de Soissons, dans une assemblée de la noblesse.

    10 Clotaire IIPortrait Clotaire II roy de France

    Après la mort de Gontran, l’an 593, la faiblesse de son âge et de ses Etats semblait le mettre à la merci de la branche royale d’Austrasie qui avait juré sa perte ; mais il fut défendu par sa mère, qui se mit elle-même à la tête de son armée qu’elle harangua, tenant son enfant dans les bras. Vintrion, duc de Champagne, que Childebert avait envoyé contre son neveu, fut entièrement défait dans une bataille sanglante, à Droisy, dans le Soissonnais, et ce prince étant mort peu de temps après (596), Frédégonde s’empara de Paris, penétra dans la Bourgogne, et tailla en pièces une armée que le fils de Childebert avait envoyée contre elle.

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    Cette princesse étant morte elle-même en 597, Clotaire, privé de son appui, fut bientôt obligé d’abandonner ses conquêtes et même de céder aux rois de Roi Clotaire II plusieurs villes de son royaume ; mais Thierry étant mort peu de temps après, Clotaire, appelé par les seigneurs austrasiens qui redoutaient la tyrannie de Brunehaut, s’avance dans la Champagne au-devant de l’armée que cette reine veut lui opposer, en séduit les chefs par ses promesses, se saisit de Brunehaut et des fils de Thierri, et, par leur mort, s’assure la paisible possession de la France entière.
     Il s’occupa alors à faire fleurir l’agriculture, abolit des impôts onéreux établis par ses prédécesseurs, et rendit aux grands vassaux des terres dont ils avaient été dépouillés. Dans les premières années du règne de ce prince, on avait vu trois armées, celle d’Austrasie, celle de Bourgogne et celle de Soissons, ayant chacune à leur tête un roi dont le plus âgé n’avait que dix ans. C’est de cette époque particulièrement que date la puissance des maires du palais, auxquels fut décerné le commandement des armées.

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    Clotaire II a reçu des historiens contemporains le surnom de grand, et même celui de débonnaire, qui alors était pris en bonne part ; les historiens modernes n’ont pu comprendre comment on avait appelé grand le roi qui avait accordé à vie la charge de maire du palais, ni comment on avait reconnu, comme débonnaire le prince sous lequel on ordonna le supplice atroce de la reine Brunehaut, et l’entière extirpation de la branche royale d’Austrasie.

    Pour justifier les écrivains contemporains, il suffira de rappeler que Clotaire II, roi à quatre mois, eut trop longtemps besoin des grands de l’État pour qu’il lui fût possible de gouverner sans leurs conseils, et même contre leurs passions : leurs passions décidèrent le supplice de la reine Brunehaut ; leurs conseils, la ruine de la famille royale d’Austrasie qui n’était plus composée que de bâtards, trop jeunes et trop nombreux pour attacher à leur sort les seigneurs d’Austrasie et de Bourgogne.

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    Ces seigneurs, en consentant à réunir tous les royaumes sous la domination de Clotaire II, y mirent pour condition qu’ils conserveraient leurs lois, leurs privilèges, leurs frontières en un mot, que Clotaire II serait leur roi, mais qu’ils auraient à vie un vice-roi ou maire du palais, de leur choix ; et comme ils pouvaient soutenir les jeunes princes auxquels appartenaient l’Austrasie et la Bourgogne, puisqu’à celte époque la bâtardise n’était pas un motif d’exclusion, Clotaire II fut obligé de condescendre à leurs volontés.

    Si ces maires du palais détrônèrent dans la suite les descendants de Clotaire II, ce ne fut point parce qu’il les avait trop élevés, mais parce que ces dignitaires ambitieux avaient déjà trouvé sous la minorité de ce prince des circonstances assez favorables pour l’amener à consacrer leur élévation. Ce fut par les conseils de Garnier, maire du palais de Bourgogne, qu’il vendit aux Lombards les villes d’Aost et de Suze pour 35 000 sous d’or : traité honteux, qui ferma pour longtemps aux Français l’entrée de l’Italie.

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    En 615, Clotaire tint à Paris un concile, le plus nombreux qu’on eût encore vu dans les Gaules, et où furent adoptés plusieurs règlements importants, dont le recueil forme le code des lois allemandes. Il céda l’Austrasie et la Neustrie à Dagobert, son fils aîné, et lui permit d’en prendre le titre de roi. Ce prince ayant été attaqué par les Saxons, Clotaire marche à son secours, atteint les Saxons près du Weser qu’il fait traverser à son armée, les taille en pièces, et tue Bertoalde, leur roi, de sa propre main. Après cette expédition, Clotaire se trouvant sans ennemis au dehors, comme il était sans rivaux dans l’intérieur, les Flancs jouirent jusqu’à la fin de son règne d’une paix qu’ils n’avaient pas connue depuis leur établissement dans les Gaules.

    C’est de cette époque qu’il faut juger Clotaire II. Occupé de l’administration de son vaste royaume, il rendit à la couronne les domaines qui avaient été envahis pendant les troubles civils, fit observer les lois, assura le sort du clergé, sans affaiblir les droits de l’autorité royale, maintint sa famille et ses sujets dans l’ordre avec autant de prudence que de fermeté, et mérita les titres de grand et débonnaire qui ne lui ont été contestés depuis que par des écrivains qui n’ont tenu compte ni des circonstances, ni des mœurs, ni des événements, sous lesquels les rois, plus que les autres, sont obligés de fléchir. Il mourut en 629, à l’âge de 45 ans, laissant deux fils, Dagobert et Aribert : ce dernier ne lui survécut pas longtemps. 

    08-Clotaire II, Dagobert I et saint Arnoul

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    Sigebert II (6021 - 613) ou Sigisbert II est le fils de Thierry II2. Il règne quelques mois sur l'Austrasie et la Burgondie en 6133 sous l'autorité de son arrière grand-mère Brunehilde.
     
    À la fin de la première décennie des années 600, Saint Colomban se rendit à la villa de Brocariacum (peut-être Bourcheresse, au sud d'Autun) pour demander à la reine Brunehilde qu'elle lui accorde des terres et de l'argent. En contrepartie, celle-ci lui demande de bénir ses arrière-petits-fils Sigebert, Childebert, Corbus et Mérovée, avec qui elle se trouve. Colomban, voyant ces enfants comme illégitime, refuse de leur accorder la bénédiction et outrage la reine

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    En 613, son père Thierry II meurt à l'âge de vingt-cinq ans. Pour le remplacer, Brunehilde élève alors Sigebert sur le trône, alors qu'il n'a encore qu'environ douze ans L'accession au trône de Sigebert II, aîné des fils de Thierry II, se fait ainsi par primogéniture, sans partage du royaume qui aurait dû être divisé en quatre. N'étant pas tondus, les trois frères de Sigebert conservent néanmoins leur droit au trône. Détenant l'autorité véritable, Brunehilde lui confie également une armée. L'administration du royaume est confiée au maire du palais Warnachaire

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    Clotaire II intrigue avec les Grands du royaume de Sigebert II contre Brunehilde, jusqu'à ce qu'elle décide de se débarrasser de Clotaire II. Elle envoie Sigebert et Warnachaire former une armée en Saxe et en Thuringe mais Warnachaire fait échouer la mission pour avoir entendu que Brunehilde voulait le faire assassiner. Warnachaire s'allie alors avec les Grands de Burgondie tandis que Brunehilde envoie Sigebert et ses frères accompagnés de troupes burgondes en Austrasie pour mater la révolte. Clotaire II décide alors de s'allier aux révoltés et l'armée neustrienne rencontre l'armée d'Austrasie-Burgondie à Châlons-en-Champagne. Warnachaire et ses alliés rejoignent alors les neustriens qui rattrapent leur ennemis et capturent Sigebert II, Corbus et Mérovée. À Renève, sur la rive droite de la Saône, ayant capturé les membres de la famille royale austrasienne et burgonde, Clotaire II le fait mettre à mort avec son frère Corbus. Brunehilde est mise à mort peu de temps après

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