La Provence d'Antan : Fête de l'hiver - Les Tripettes de Barjols -
Tous les quatre ans, la fête des Tripettes a lieu le week-end le plus proche du 16 janvier. Cette fête de Barjols est l'une des plus anciennes e des plus pittoresques de Provence : elle est célébrée depuis six siècles. Elle commémore deux événements importants : d'une part, l'arrivée en 1350 des reliques de Saint Marcel à Barjols et, d'autre part, la fin d'une période de famine. Saint Marcel est, au Ve siècle, évêque de Die, dans la Drôme et ses reliques sont conservées jusqu'au XIVe siècle dans le monastère de Saint-Maurice, à environ 20 kms de Barjols.
En janvier 1350, le gardien des reliques songe à remettre celles-ci au chapître de Barjols, mais celui d'Aups, situé également à quelques 20 km du monastère les réclame. Le comte de Provence propose de remettre les reliques à la ville la plus proche du monastère. Le 16 janvier, les Barjolais s'emparent de leur trésor sans attendre le résultat du calcul des distances et le rapportent, triomphants, dans leur commune.
Ce jour-là est célébrée dans le village une fête d'origine païenne qui commémore la fin d'une période de famine, grâce à un bœuf providentiel découvert dans l'enceinte fortifiée. En souvenir de ce miracle, les Barjolais organisent un défilé animé par les tambourinaires qui accompagnent un bœuf enrubanné, béni avant d'être sacrifié.
On remplit ensuite de larges corbeilles de ses débris fumants et de ses tripes que l'on transporte dans la ville au rythme de joyeuses farandoles. C'est en plein cœur de cette célébration que les Barjolais voient arriver les reliques de Saint Marcel en 1350. La liesse populaire est telle que l'on saute dans l'église en chantant : la danse des tripettes de Saint Marcel est née - du provençal "trépa", qui signifie sauter, trépigner, Saint Marcel devient alors saint patron de Barjols.
A la Belle Epoque même légèrement édulcorée, cette fête des Tripettes, réunit toujours les villageois autour du bœuf à sacrifier. Le matin, fifres et tambourins parcourent la ville et l'après-midi, le bœuf enrubanné défile dans les rues, escorté des bouchers. Le cortège s'arrête sur la place de l'église où a lieu la bénédiction. A la nuit tombée, la messe est célébrée, animée par les célèbres danses. Le lendemain, le bœuf est mis en broche sur la grande esplanade de la Rougière. Alors que marmitons et bouchers veillent à la cuisson , groupes folkloriques et musiciens se relaient sur la place jusqu'au soir.
Texte extrait du livre : La Provence d'Antan













