Patrimoine mondial de l'Unesco : Le parc national de Keoladeo -Inde-
Consacré à Shiva, dieu président à la destruction de l'univers et à sa renaissance, l'antique temple de Keoladeo ne pouvait que donner son nom à l'une des plus extraordinaires régions protégées du sous-continent indien.
La renaissance, due à l'homme dans le cas présent, a en effet permis à ce parc de 28 kilomètres carrés de devenir la "capitale mondiale" des oiseaux migrateurs.
Le parc national de Keoladeo, situé à la périphérie de la ville de Bharatpur au Rajasthan, n'est pas un milieu naturel à proprement parler puisque l'homme a modelé ce territoire à plusieurs reprises pour essayer de sauver Bharatpur des inondations liées aux moussons.
En 1760, le maharaja fait ériger, en bordure d'une dépression du terrain, la digue d'Ajan, créant une retenue d'eau artificielle. Au début du XXe siècle, la construction d'un système de levées et d'écluses permet de contrôler le niveau de l'eau dans les diverses sections du lac. Ces interventions transforment la région en un ensemble de marécages et de prairies où se trouvent de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs ou non.
Les maharajas de Baharatpur en font alors une grande réserve de chasse au canard. Lorsque l'Inde accède à l'indépendance, Keoladeo devient un sanctuaire ornithologique sur lequel néanmoins les maharajas conservent leur concession de chasse jusqu'en 1972. Enfin, en 1981, la région est déclarée parc national.
De septembre à février, la réserve est un lieu d'hivernage de près d'un million d'individus appartenant à plus de 360 espèces d'oiseaux migrateurs, gigantesque pélican gris, qui a une envergure de 2 mètres, au minuscule pouillot sibérien, qui n'est pas plus grand qu'un pouce.
De Russie, d'Europe, de Chine, de Mongolie et des plaines de Sibérie arrivent cormorans, aigrettes, ibis, canards et grues.
L'attraction du parc est incontestablement la grue blanche, un de oiseaux les plus ares de la planète, ne comptant plus désormais que quelques centaines d'individus, les grues partent du bassin de l'Ob, traversent l'Afghanistan et le Pakistan sur 6 000 km pour venir hiverner à Keoladeo.
Riche en microfaune, poissons et flore aquatique - notamment fleurs de lotus et nymphéa-
Keoladeo abrite également de nombreuses espèces non migratrices, dont le martin-pêcheur, le pic, le loriot et diverses espèces de pigeons.
Puis avec les moussons d'été, arrive l'autre grand spectacle du parc : c'est en effet l'époque de nidification de 17 espèces de héron qui, à cette fin, se rassemblent sur un territoire relativement limité, où les acacias nilotiques sont nombreux.
Sur chaque arbre, on peut alors observer jusqu'à 100 nids appartenant à des individus d'espèces différentes, préférant nicher dans des espaces restreints afin d'unir leur forces pour se défendre contre les prédateurs comme le faucon pèlerin et l'aigle impérial.
La vie de Keoladeo ne se limite pas à l'avifaune. Le parc abrite également une abondante population de pythons
et diverses espèces de mammifères d'intérêt, comme le renard du Bengale, le chacal doré, le sanglier et l'antilope cervicarpe.
Région d'Asie privilégiée en matière d'avifaune, Keoladeo représente une importante ressource économique pour les habitants des environs qui s'engagent parfois dans des activités très disparates.. allant jusqu'à proposer de confortables excursions ornithologiques dans les traditionnels "rikshaw".
Texte extrait du livre :
Les plus beaux sites du patrimoine mondial de l'Unesco



































