Provence d'Antan - Fêtes de la "Tarasque" -
Chaque coin de Provence a son monstre, celui de Tarascon est sans doute le plus célèbre et peut-être le plus terrifiant. La Tarasque est mi-animal, mi-poisson et se cache dans un bois en bordure du Rhône près d'un grand rocher entre Arles et Avignon. Elle terrorise la population qui est régulièrement victime de ses attaques. Après de nombreuses tentatives de mise à mort et autant d'échecs, Sainte Marthe réussit à la capturer. Alors que la Tarasque dévore un malheureux la sainte l'asperge d'eau bénite et lui présente une croix : la bête se laisse capturer. Marthe conduit le monstre jusqu'à Tarascon où la population en délire le met à mort. En 1474, le roi René décide de créer l'ordre des "chevaliers de la Tarasque" et instaure les fêtes de la Tarasque qui peuvent durer entre trois et dix jours.
La fête de la Tarasque est longtemps célébrée en deux temps : le deuxième dimanche après la Pentecôte, la procession présente une Tarasque agressive et effrayante. Le 29 juillet, jour de la Sainte Marthe, une seconde procession montre une Tarasque docile, menée en laisse par une jeune fille jouant le rôle de Marthe. Aujourd'hui, ces deux fêtes ne font plus qu'une. La course à la Tarasque consiste en une tentative collective d'abattre le monstre qui défile dans les rues de la ville mais en vain. Pour finir, une jeune fille mène la bête, docile, jusqu'à l'église. Cette fête populaire représente un moyen d'exorciser la peur des crues du Rhône : catastrophe naturelle et malheur dont la Tarasque était autrefois tenue pour responsable. Cette fête est célébrée tous les ans au XVIIIe siècle, mais elle devient épisodique dans le XIXe siècle et jusqu'en 1946 où elle redevient annuelle.
Texte extrait du livre : La Provence d'Antan

















